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Le concept de smart cities, ou villes intelligentes, regroupe l’ensemble des technologies qui vont améliorer la qualité de vie, la gestion, la mobilité et les coûts dans les espaces urbains. On parle parfois aussi de villes connectées. Mais que signifie investir dans les villes intelligentes ? "Investir dans le secteur des smart cities, ce n’est pas investir dans les villes. C’est investir dans des sociétés qui développent des technologies qui permettent de trouver des solutions aux défis de l’urbanisation. Cela passe par l’amélioration de la qualité de vie, les paiements sans contact et aussi par les bâtiments à haute efficacité énergétique, les maisons intelligentes et les transports, par exemple", explique Steve Freedman, gestionnaire chez Pictet AM. L’approche d’investissement est donc multisectorielle.

Quels sont les moteurs de croissance de ces villes intelligentes ? Il y a bien sûr l’urbanisation grandissante. Depuis des décennies, on constate une tendance à l’augmentation de l’urbanisation à travers le monde. Cette tendance est cependant plus marquée dans les pays émergents avec un exode vers les grandes villes plus prononcé. Cette tendance va-t-elle cependant perdurer après les changements intervenus suite à la crise du Covid-19 ? "Nous avons consulté plusieurs experts. Parmi leurs conclusions, ils remarquent que l’exode des zones rurales vers les centres urbains et les banlieues ne va pas cesser. La crise du Covid-19 ne va pas modifier la vitesse de cette urbanisation mais va plutôt influencer la qualité de ce phénomène. L’exode se marquera sans doute moins vers les grands centres urbains et davantage vers les banlieues. On ira vers la création de villes secondaires avec un modèle plus polycentrique qui sera davantage flexible en intégrant le télétravail. Cela changera la structure urbaine", note Steve Freedman. Le deuxième moteur de croissance est le développement des nouvelles technologies. Ces technologies offrent le potentiel d’accroître la qualité de vie dans les villes. La troisième tendance sur laquelle surfent ces villes est la durabilité. La qualité environnementale est un des défis de l’urbanisation croissante. "Les villes offrent la possibilité d’utiliser les ressources beaucoup plus efficacement en raison des effets de densité et d’échelle. En Chine, par exemple, les défis environnementaux ont mené les autorités à prendre des décisions en vue d’accélérer les solutions apportées aux défis environnementaux", note Steve Freedman.

Trois segments

Comment investir dans ce domaine ? L’univers des smart cities se décline en trois segments : construire la ville, gérer la ville et la vie en ville. Dans le premier segment, on retrouve les entreprises de construction qui sont actives dans l’expansion urbaine mais aussi toute la chaîne de valeur de la construction. "On peut mentionner ici les bâtiments intelligents, les systèmes de chauffage innovants, l’isolation mais aussi les sociétés financières qui offrent de prêts hypothécaires, par exemple", précise Steve Freedman. Dans le segment de la gestion de la ville, ce sont des entreprises qui gèrent les infrastructures : gestion de l’eau, gestion des déchets, systèmes énergétiques mais aussi, par exemple, les paiements digitaux ou la mobilité des personnes et des biens.

Enfin, dans le troisième domaine, on trouvera des entreprises qui facilitent la vie en ville (crèches, ou entreprises récréatives…). Avec ce thème d’investissement, il est donc possible de faire un placement qui mise sur l’avenir et qui est très diversifié.