L’émergence récente de sites et d’applications mobiles permettant aux investisseurs de jouer littéralement une valeur à la hausse ou à la baisse favorise évidemment la spéculation.

Il est loin le temps où, pour acheter une valeur et la placer sagement en portefeuille pendant dix ans, on convenait d’un entretien avec son banquier ou son agent de change. Aujourd’hui, ces garde-fous ont disparu du paysage financier, pour les jeunes investisseurs. La source d’information des boursicoteurs débutants ? Les sites d’information plus ou moins fiables, et surtout le bouche-à-oreille numérique des réseaux sociaux. C’est là qu’il faut trouver l’origine des dernières vagues spéculatives ciblées qui ont secoué quelques valeurs cotées à New York : GameStop, AMC ou encore Blackberry. 

L’idée ? Acheter en meute des titres joués à la baisse par des fonds spéculatifs. En achetant en masse, et en faisant grimper les cours de valeurs logiquement déprimées : une chaîne de magasins physiques désertés en raison de la crise sanitaire, ou une chaîne de cinémas, ces jeunes spéculateurs forcent les fonds positionnés à la baisse, à limiter la casse en couvrant leurs positions au travers d’achats qui font encore grimper les cours, par manque d’offre. Des cours totalement décorrélés de la réalité des entreprises concernées. Mais le marché bouillonne, et des bulles se forment. Elles finiront par exploser. 

D’où vient cet argent volatil ? Il provient des grandes banques centrales qui inondent les marchés financiers de liquidités. Il est en partie issu des aides fournies au public. Et surtout, pour les jeunes investisseurs qui sont entrés en Bourse en mars 2020 et qui n’ont jamais connu de réelle correction boursière, il vient d’une épargne qui ne trouve pas de cible cohérente. Pour les jeunes, les produits sans risque ne rapportent rien, l’immobilier est trop cher, la Bourse classique est ennuyeuse, tout comme les fonds de placements proposés par les banques. Reste l’argent facile de la spéculation. Tant que ça dure…