L'association tente d'alerter l'opinion avant la réunion vendredi du groupe des vingt pays les plus riches au monde sur le thème des solutions à la crise sanitaire.

Les géants des technologies "ont des marchés dans le monde entier et ont accumulé des milliards en profits pendant la pandémie. Si la fiscalité sur les sociétés était juste, les gouvernements pourraient (...) financer de meilleurs systèmes de santé pour mettre fin à la pandémie et amorcer la reprise", souligne l'ONG dans un communiqué.

"De nombreuses entreprises des 'big tech' se démènent pour payer le moins d'impôts possible", argumente-t-elle, en citant des rapports de la Commission européenne ou des articles de médias britanniques.

Le volte-face Trump-Biden

L'accusation n'est pas neuve, mais elle intervient après une année de pandémie qui a largement profité aux grandes plateformes et aux leaders de l'électronique grand public, les consommateurs passant plus de temps que jamais en ligne, du télétravail au streaming de vidéos et musique ou au e-commerce.

Certains gouvernements pressent depuis des années leurs voisins et les organisations internationales à prendre des mesures contre l'évasion fiscale légale, favorisée par des systèmes d'imposition concurrents.

En 2016, la Commission européenne avait demandé à Apple de rembourser 13 milliards d'euros d'avantages fiscaux à l'Irlande, qui offre un faible taux d'impôt sur les sociétés.

En 2019, l'ancien secrétaire d'Etat français au Numérique Mounir Mahjoubi avait estimé à un milliard d'euros le manque à gagner lié aux Gafam pour le fisc français.

Sous l'administration de Donald Trump, les Etats-Unis étaient opposés à toute harmonisation, mais Joe Biden a proposé d'instaurer une taxation minimale de 21 % sur les multinationales.

Selon des calculs réalisés avec l'association Patriotic Millionaires, ActionAid estime le manque à gagner à 21 milliards de dollars pour le G7, 8 milliards pour les 27 pays de l'Union européenne ou encore 100 millions de dollars pour le Nigeria, "suffisamment pour payer 70 000 infirmiers pendant un an".

Julia Sánchez, secrétaire générale de l'ONG, dénonce "un système qui permet à de grandes firmes de récolter et vendre les données des gens, d'influencer insidieusement nos habitudes et de créer de nouveaux milliardaires, tout en ne contribuant que peu ou pas du tout aux services publics des pays où ils génèrent leurs profits".