Les entreprises belges constituent une cible privilégiée pour les cyberattaques, selon le rapport annuel "Cyber Readiness" de l'assureur spécialisé Hiscox. 

L'année dernière, 49% des entreprises belges en ont été victimes, une proportion en baisse par rapport à 2018 (71%) mais toujours supérieure à la moyenne mondiale (39%). Plus d'une entreprise belge sur dix est par ailleurs une "super cible", qui a subi des centaines d'incidents. Les cyberattaques sont considérées comme une menace économique qui prend de l'ampleur. En infiltrant les systèmes informatiques, les pirates peuvent interrompre les opérations d'une entreprise ou voler des informations sensibles, concernant notamment des clients ou des secrets commerciaux.

En janvier dernier, le fabricant de métiers à tisser Picanol avait par exemple cessé ses activités en raison d'une cyberattaque.

Ces attaques informatiques sont également de plus en plus efficaces, souligne Hiscox dans son rapport. Le nombre d'entreprises victimes diminue mais les coûts engendrés augmentent. Pour une entreprise belge moyenne, cela représente 54.700 euros par an, soit six fois plus qu'en 2018. Le coût le plus élevé pour une société a atteint 13,6 millions d'euros.

Les "hackers" obtiennent toutefois rarement ce qu'ils veulent: dans plus de huit cas sur dix, les entreprises belges n'ont pas payé de rançon.

Mais elles semblent sous-estimer la menace. Plutôt que d'augmenter leur protection, les sociétés belges ont réduit leurs dépenses en cybersécurité l'année dernière, à l'encontre de la tendance internationale. L'assureur Hiscox prévient pourtant que la cybercriminalité ne concerne pas uniquement les multinationales: 20 des 61 "super cibles" étaient des petites entreprises avec un maximum de dix employés.

Pour son rapport, l'assureur a interviewé 5.569 professionnels de l'IT dans le monde, dont 500 en Belgique.