Ce vendredi, le SPF Economie publiait son neuvième Baromètre de la société de l'information. "Il dresse un état des lieux annuel des performances de la Belgique dans les principaux domaines relevant de l’économie et de la société numériques. Il mesure l’évolution de différents indicateurs et met en lumière les points forts et les points faibles de notre pays au regard notamment des objectifs européens", précise le SPF Economie. 

Les résultats sont globalement positifs puisque la Belgique termine à la neuvième place au niveau européen, tous paramètres du DESI (Digital Economy and Society Index) confondus, soit une progression de deux places. Le podium est occupé par les pays nordiques : la Finlande, la Suède et le Danemark.

Au niveau du commerce électronique, les entreprises belges ont engrangé un tiers (32,6%) de leur chiffre d'affaires via Internet. La Belgique fait figure d'exemple en la matière, puisque la moyenne dans l'Union européenne des 28 est de 18,5%. Elle se place également devant ses voisins luxembourgeois (13,5%), allemands (15,1 %), néerlandais (14,9%) et français (22%).

Plus de la moitié (54%) de ce chiffre d'affaires est réalisé grâce aux transactions entre entreprises de type "échange de données informatisé" (EDI), précise le SPF. Les 46% restant proviennent des ventes via un site web classique.


Deux tiers des Belges (66%) ont commandé en ligne en 2019. Une bonne performance que le SPF attribue à la "très bonne connectivité" dont nous jouissons, avec des réseaux fixes et mobiles performants et la couverture quasiment intégrale de la population. Toutefois, une marge de progression peut encore être dégagée puisque nous faisons moins bien que nos voisins directes : les Français (70%), Luxembourgeois (72%), Allemands (79%) et Néerlandais (81%) surpassent tous la Belgique. La moyenne européenne s'établissait pour sa part à 63% en 2019.


Si la Belgique jouit d'une couverture intégrale par les réseaux 4G, elle se classe 21e sur 28 en matière de pénétration auprès de la population (soit la proportion de citoyens qui ont accès à internet). "Une situation probablement liée au sous-équipement de certaines catégories de population, principalement les seniors, et, d'autre part, au coût relativement élevé de la large bande mobile dans notre pays, particulièrement pour les forfaits contenant des volumes de données mobiles élevés", relève le baromètre annuel, destiné à dresser l'état des lieux du développement de l'économie et de la société numériques en Belgique et dans les principaux pays de l'Union européenne.

En 2019, la fracture numérique touchait encore 6,9% des Belges de 16 à 74 ans (contre 9,5% en moyenne au sein de l'UE28). Une fracture belge deux fois plus importante qu'aux Pays-Bas (2,4%). De manière générale, la fracture numérique touche plus les femmes (10,2% dans l'UE28) que les hommes (8,7%) et la Belgique n'échappe pas à la règle (8% des femmes contre 5,9% des hommes).


Les études en TIC encore trop délaissées

La Belgique accuse en outre un déficit important en matière de diplômés en technologies de l'information et de la communication (TIC), pointe le SPF Économie. Seuls 1,9% des diplômés sont issus des filières TIC dans notre pays contre une moyenne de 3,6 % à l'échelle européenne. Ce déficit "constitue un frein à la capacité des entreprises à innover et à tirer pleinement parti des opportunités offertes par l'économie numérique".

Seuls 1,9% des diplômés sont issus des filières TIC en Belgique. © Shutterstock

La numérisation croissante de l'économie pourrait d'ailleurs provoquer la vacance de plus de 580.000 postes de travail non pourvus à l'horizon 2030, selon une estimation de la fédération de l'industrie technologique Agoria.

Autre obstacle : le retard pris dans le déploiement des réseaux 5G, technologie qui rencontre une certaine réticence au sein d'une partie de la population. "Seuls 3% du spectre réservé à la 5G a déjà été assigné (principalement à des fins de test) contre 21% en moyenne au sein de l'UE28", déplore le SPF Économie.