Le groupe X5, auquel appartiennent notamment les omniprésentes chaînes de supermarchés Perekrestok et Pyaterotchka, s'est associé au système de paiement Visa ainsi qu'à Sberbank, la première banque russe et institution d'Etat aujourd'hui en pleine mutation en géant du numérique. Ensemble, ils lancent une technologie de paiement par reconnaissance faciale, une innovation qui a de quoi surprendre.

Le nombre de supermarchés connectés au système doit être porté de 52 cette semaine à 150 d'ici fin mars, a précisé dans un entretien à l'AFP Ivan Melnik, directeur de l'innovation chez X5.

"Après le mois d'avril la mise en place sera plus rapide. D'ici fin 2021, le service sera disponible sur 12 000 à 14 000 appareils dans 3 000 magasins en tout dans toute la Russie", a-t-il déclaré à l'AFP.

Une technologie qui divise

Dans un supermarché moscovite, mardi, le service semblait remporter l'adhésion chez plusieurs jeunes clients, mais suscitait davantage de méfiance chez les personnes plus âgées.

"C'est super parce que le 21ème siècle est l'ère de la technologie", affirme Andreï Epifanov, 28 ans, employé de la banque privée Alfa Bank.

"Pour les personnes âgées, bien sûr, c'est nouveau" et peu entraîner un "manque de confiance" concède-t-il, "mais moi je trouve cette idée très cool".

Ce service est disponible dans l'immédiat sur les caisses en libre service des supermarchés concernés et pour les seuls clients de Sberbank.

"C'est pratique, il ne faut pas avoir son portefeuille sur soi ou sortir son téléphone de sa poche, il faut juste appuyer sur un bouton et payer avec son visage", explique M. Melnik.

Quelle sécurité ?

Il assure également que ces transactions sont "sûres, sécurisées, cryptées", et les tentatives d'usurpation d'identité exclues grâce à une caméra 3D qui mesure la profondeur du visage.

La reconnaissance faciale se développe rapidement en Russie. Depuis le début de la pandémie, cette technologie a notamment été utilisée par la ville de Moscou - et ses dizaines de milliers de caméras de surveillance - pour contrôler le respect du confinement et des quarantaines.

L'association de défense des libertés numériques Roskomsvoboda a lancé l'année dernière une campagne et une pétition contre l'utilisation massive de la reconnaissance faciale par les autorités, pointant des dérives, des fuites de données et un manque de consentement.