Les sociologues le constatent : le besoin de jouer est inhérent à la nature humaine. Il permet de se situer hors des contraintes de l’existence ordinaire. Ce pourquoi, depuis la Grèce Antique, les jeux de compétition, comme les jeux d’argent et de hasard, sont des pratiques culturelles ancrés dans nos configurations de sociabilité. Avec l’avènement du numérique, le paysage du jeu a toutefois fortement évolué. Les Belges ont accès à une très grande variété de jeux en ligne. Le législateur a donc codifié pour cadrer. En Belgique, les jeux de hasard sont strictement règlementés. La loi vise à canaliser l'exploitation de ces jeux réservés aux majeurs par le biais de licences. Cette loi définit les jeux de hasard comme « un jeu pour lequel un enjeu de nature quelconque est engagé, ayant pour conséquence soit la perte de l'enjeu par au moins un des joueurs, soit le gain de quelque nature qu'il soit, au profit d'au moins un des joueurs, ou organisateurs du jeu et pour lequel le hasard est un élément, même accessoire, pour le déroulement du jeu, la détermination du vainqueur ou la fixation du gain ». Tant les paris sportifs que le casino en ligne sont régis par cette loi.

Les jeux de casino et les paris sportifs

Historiquement, les jeux de casino sont les premiers jeux à avoir été mis en ligne. Les sites de casino virtuel sont aussi ceux que l’on retrouve le plus sur le web car on y retrouve tous les jeux qui sont présents dans un casino (roulette, blackjack, machine à sous, etc.). Ce sont également les sites de jeux d’argent en ligne les plus rentables avec un chiffre d’affaire mondial estimé à 43 milliards de dollars en 2019. Quant aux paris sportifs en ligne, ce sont des paris de types « bookmakers ». On parie le plus souvent sur la cote d’une équipe ou d’un joueur. L’importance d’un sport, comme le football par exemple, mais aussi les grands évènements sportifs contribuent à l’augmentation constante du nombre de joueurs en ligne. De manière générale, l'industrie du jeu a vu ses revenus augmenter d'environ 9,5% entre 2018 et 2019, passant ainsi de 138,7 à 152 milliards de dollars. Les revenus mondiaux de l'industrie du jeu en 2020 sont trois fois plus importants que ceux de l'industrie de la musique.

« E-jeux » : une nouvelle culture du jeu

Le jeu en ligne a modifié la représentation du jeu d’argent. En effet, le numérique enlève certaines contraintes que représentent les points de vente physiques, dont les horaires d’ouverture. Les joueurs peuvent à présent jouer 24h sur 24h, où qu’ils se trouvent, depuis leur ordinateur ou smartphone. Le jeu en ligne est aussi vecteur d’une nouvelle culture dans le rapport aux autres. Les frontières physiques s’effacent. On peut jouer en discutant avec des internautes, en partageant son avis, en lisant des commentaires, individuellement ou en faisant partie d’un groupe de joueurs éloignés géographiquement. Enfin, on peut également jouer en temps réel et « se refaire » selon les aléas d’un évènement.

La crise sanitaire n’affecte pas le jeu

Près d'un Belge sur quatre a déjà joué pour de l'argent. Un Belge sur dix joue au moins une fois par semaine. Trois personnes sur mille jouent tous les jours. Le joueur moyen joue à pas moins de huit jeux différents. Plus d'hommes (38,5%) que de femmes (23,5%) ont pratiqué un jeu de hasard dans l'année écoulée. La pratique des jeux de hasard prévaut surtout parmi les adultes âgés de 25 à 54 ans (36,0%).

La crise économique et sanitaire ne touche visiblement pas les jeux de hasard. Selon une étude de l’université d’East Anglia au Royaume-Uni, c’est parce que notre cerveau est programmé pour nous aider à garder l’espoir. Vivre une situation factuelle de privation relative pousserait donc les individus à se tourner instinctivement plus vers le hasard ou la superstition pour espérer s’en sortir.