Avec un compte en banque évalué à 36 milliards de dollars, Zhang Yiming était l'an dernier la neuvième fortune de Chine, selon le classement Forbes. Dans un courriel adressé à ses employés, M. Zhang dit vouloir se consacrer désormais à "la stratégie à long terme" du groupe.

"En réalité, je ne possède pas les qualités requises du dirigeant idéal (...) Je ne suis pas très sociable, je préfère les activités solitaires comme aller sur internet, lire, écouter de la musique et rêvasser à ce qui est possible", écrit Zhang Yiming, dans ce courriel au ton inhabituellement candide de la part d'un patron chinois.

M. Zhang, né en 1983, passe la main à Liang Rubo, également co-fondateur de Bytedance et jusqu'ici à la tête des ressources humaines. Les deux associés vont établir une période de transition sur les six prochains mois.

Une douzaine d'entreprises sanctionnées par la Chine

Ce retrait intervient alors que les autorités chinoises ont procédé à une reprise en mains, ces derniers mois, du secteur de l'internet pour limiter l'influence des géants technologiques.

En avril, le mastodonte du commerce en ligne, Alibaba, s'est ainsi vu infliger une amende record de 2,3 milliards d'euros pour abus de position dominante.

Son charismatique fondateur, Jack Ma, a pratiquement disparu de la scène publique après avoir critiqué les autorités nationales de régulation financière en octobre dernier.

Douze entreprises du secteur numérique, dont ByteDance, ont également été sanctionnées en mars pour non-respect des règles concurrentielles.

En novembre dernier, l'agence financière Bloomberg rapportait que Bytedance envisageait d'introduire en Bourse de Hong Kong certaines de ses activités, en levant quelque 2 milliards de dollars.

Une appli aussi populaire que controversée

Zhang Yiming a co-fondé ByteDance en 2012 à Pékin, dont le principal fait d'arme est d'avoir mis au point l'application TikTok, très prisée des adolescents à travers le monde. L'appli compterait un milliard d'utilisateurs.

Particulièrement populaire aux Etats-Unis, elle avait été mise à l'index par l'administration Trump, qui la soupçonnait d'être un outil chinois d'espionnage.

ByteDance avait alors dû démentir ces accusations, sans pour autant donner l'impression de céder à la pression américaine.

En Inde, TikTok a été interdite en juin dernier au nom de la sécurité nationale.

TikTok existe en Chine sous la forme d'une application équivalente baptisée Douyin. ByteDance gère aussi un agrégateur d'informations, Jinri Toutiao.

Le groupe emploie plus de 60 000 personnes dans 30 pays et M. Zhang avait annoncé l'an dernier le recrutement de 40 000 salariés supplémentaires.