"En des temps plus ordinaires, ce serait une importante ressource sociologique", expliquent les pirates du collectif "Distributed Denial of Secrets" (DDoSecrets).

Le groupe, engagé dans la recherche sur les données et qui milite pour la transparence, a récupéré au total 70 giga octets de contenus publics et privés, comptes d'utilisateurs, mots de passe et messages, ainsi que plus de 70.000 messages issus de près de 20.000 conversations. Il compte les mettre à disposition de journalistes et chercheurs.

"En 2021, c'est aussi un enregistrement de la culture et des déclarations exactes à propos non seulement de vues et actions extrémistes en hausse, mais aussi d'une tentative de coup d'Etat", soulignent-ils sur leur site web.

Ils font référence aux émeutes de Washington le 6 janvier, quand des centaines de supporters de Donald Trump ont violemment interrompu la cérémonie de certification de la victoire de Joe Biden au Capitole. Les plateformes dominantes comme Facebook et Twitter se sont par la suite purgées d'une bonne partie des franges extrêmes des fans du milliardaire républicain, accusées de semer la désinformation, la haine et d'inciter à la violence.

Des réseaux sociaux discrets 

Ces extrémistes se sont retrouvés sur des messageries et réseaux plus discrets, ou plus bienveillants à leur égard, comme Gab.

Son patron et fondateur, Andrew Torba, avait indiqué dès dimanche sur Twitter que le réseau faisait l'objet d'une attaque informatique menée par des hackers qu'il a qualifiés de "démoniaques" et d'autres propos insultants, dont une injure à caractère transphobe.

Il a assuré que les forces de l'ordre étaient impliquées contre cette "organisation de hackers criminels". Son compte ainsi que celui de Donald Trump ont été compromis, a-t-il précisé en soulignant que cette attaque avait été menée juste avant que l'ancien chef d'Etat ne prenne la parole à la grand-messe annuelle des conservateurs en Floride dimanche.

L'ex-locataire de la Maison Blanche a dans son discours de nouveau nié sa défaite électorale et a flirté avec l'idée de se représenter à la présidentielle en 2024.

Andrew Torba a fondé Gab en 2016, comme alternative aux réseaux dominants devenus trop policés pour certains groupes, dont des organisations néo-nazies ou conspirationnistes.