La Banque d'Angleterre (BoE) et le Trésor britannique ont lancé lundi un groupe de travail pour évaluer la possibilité et l'intérêt de lancer une monnaie numérique britannique, qui permettrait d'effectuer des transactions sans passer par des banques.

Le "Britcoin" ?

Sur son compte Twitter, le ministre des Finances Rishi Sunak s'est même demandé s'il pourrait s'agir du "Britcoin", jeu de mot qui mêle Britain (Grande-Bretagne) et bitcoin, du nom de la plus populaire des cryptomonnaies.

"Une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) serait une nouvelle forme de devise, émise par la Banque d'Angleterre et utilisable par les particuliers et les entreprises, qui existerait en même temps que l'argent liquide et les comptes en banque sans les remplacer", explique la BoE dans un communiqué.

La baisse de l'utilisation de l'argent liquide comme moyen de paiement a accéléré pendant la pandémie de Covid-19, et de nombreuses banques centrales à travers le monde étudient des projets de monnaies numériques qui permettraient d'effectuer des échanges en ligne sans passer par des banques.

Contrairement aux cryptomonnaies, émises de façon décentralisée ou par des entreprises et dont la sécurité est principalement assurée par la cryptographie utilisée, les banques centrales garderaient la main sur les CBDC.

Si le bitcoin est rarement utilisé comme moyen de paiement, les institutions se méfient notamment du projet de devise numérique soutenu par Facebook, le Diem (anciennement Libra).

En Chine, le yuan numérique en est déjà aux essais, et les autorités espèrent que ce projet participera au rayonnement international de la devise chinoise, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a promis de décider dès cet été si elle se lance ou non dans la création d'un euro numérique.

Quels scénarios concrets d'utilisation ? 

A travers un forum, le groupe de travail britannique va notamment étudier plusieurs questions que pose la mise en place d'une devise numérique, à savoir "des scénarios concrets d'utilisation d'une CBDC, les besoins technologiques des utilisateurs, le rôle des acteurs publics et privés dans un tel système, et les implications pour la protection de la vie privée", énumère la BoE.

Le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, avait déjà affirmé que l'institution "explorait" un tel projet en septembre.

Cette annonce sur la monnaie numérique fait partie d'un ensemble de mesures dévoilées lundi par le ministre des Finances Rishi Sunak afin de soutenir le secteur technologique britannique notamment en assouplissant la réglementation.

"Le Royaume-Uni est connu pour être en pointe dans l'innovation mais nous devons aller plus loin", selon le ministre qui veut défendre l'attractivité de la City dans un monde post-Brexit. Il entend "donner un coup d'accélérateur aux fintechs en croissance, repousser les limites de la finance numérique et rendre nos marchés financiers plus efficaces".

M. Sunak va lancer une consultation sur les recommandations d'un récent rapport visant à assouplir les règles de cotations en Bourse, afin d'attirer plus facilement des jeunes entreprises technologiques.

Il s'agit de leur faciliter la vie, notamment dans les documents nécessaires pour lever des fonds, en abaissant à 15 % le niveau de capital minimum qui doit être placé en Bourse (contre 25% actuellement) ou encore de donner un coup de fouet aux Spacs, des véhicules cotés qui rachètent des entreprises.