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Retard comblé. La Belgique, en cette fin 2018, compte officiellement, dans sa population, plus de possesseurs de smartphones que d’ordinateurs portables. 

C’est ce que l’étude Mobile Consumer Survey, menée par Deloitte, confirme. “84% des consommateurs belges possèdent aujourd’hui leur propre smartphone, soit une hausse 4% par rapport à l’an dernier”. Une augmentation encore plus fulgurante si l’on règle le compteur de la machine à remonter le temps sur 5 ans : en 2013, il n’y avait encore que 38% de Belges “smartphonisés”...

“Le smartphone est devenu l’appareil préféré des Belges et détrône le laptop pour toutes sortes d’opérations, des transactions bancaires aux loisirs”, déclare Vincent Fosty, l’Industry Lead en matière de Technologies, Médias et Télécommunications chez Deloitte Belgique.

Il est une tranche de la population plus que jamais atteinte par le virus : les 18-24 ans. Parmi eux, le taux de pénétration du téléphone intelligent est de 94%.

Autre élément notable : le taux d'équipement en matière d'objets connectés (smartwatches, bracelets traqueurs d'activité) est loin de décoller : il reste exactement le même en 2018 qu'en 2017. 12% des Belges possèdent un bracelet traqueur d'activité, 6% une montre connectée. Le casque de réalité virtuelle, vendu par les marketeurs les moins subtils comme la révolution grand-public du moment, a conquis un petit 3% de Belges.

Notre infograpie interactive sur les appareils technologiques des Belges : 

Pas de grand remplacement technologique

Par ailleurs, bien que le smartphone ait détrôné le laptop, l’étude confirme qu’il n’a pas pour autant enterré les autres écrans. On est sur une dynamique de cohabitation, nullement de grand remplacement. Smartphone, laptop et téléviseur coexistent en effet comme trois appareils distincts dont le Belge se sert quotidiennement pour les informations, les loisirs, le shopping, les opérations bancaires et la communication.

Le destin de la tablette est plus grisé, en revanche. Si le dispositif n’est pas mort, l’enquête 2018 montre qu’elle n’est l’appareil préféré d’aucune tranche d’âge pour les activités dans les domaines des médias, des loisirs et de la finance.

Une telle percée du smartphone, aujourd’hui à son terme, n’est pas sans impact sur un marché qui a cru sans discontinuer depuis dix ans : les ventes ralentissent dans toutes les tranches d’âge, par rapport aux deux dernières années. Une partie de l’explication réside dans le fait que les smartphones sont sortis du cycle, très nerveux, de rééquipement qui les caractérisaient il y a encore 24 mois. Leur prix moyen a augmenté (parfois spectaculairement, pour des mobiles haut de gamme type iPhone, Samsung Galaxy S ou Note et Huawei de la série P ou Mate) et, si les Belges consentent à dépenser plus pour un smartphone au moment de l’achat, ils tentent aussi de le conserver plus longtemps. 55% des participants à l’étude conservent leur mobile 18 mois minimum. En 2016, 62% d’entre eux étaient en possession d’un appareil relativement neuf...

Ce marché, saturé, limite, pour les géants de l’industrie, les perspectives de croissance dans nos pays développés : “toute nouvelle croissance dans l’acquisition d’un smartphone interviendra dans la tranche des 45 ans et plus qui souhaitent se mettre à niveau”, confirme Vincent Fosty. “Pour les fabricants, le plus haut taux de croissance potentiel des ventes se situe dans la tranche des 65 ans et plus, où seuls 69% des gens ont un smartphone.”