Le commerce des bitcoins est très gourmand en énergie et près de 80 % de toutes les "mines de bitcoins" du monde sont situées en Chine, ce qui entraîne donc des émissions de CO2 très élevées. Une mine de bitcoin n'est pas un trou dans le sol, comme une mine classique. Ce terme désigne un site où de nombreux ordinateurs sont installés pour effectuer les calculs mathématiques sur lesquels repose le réseau de crypto-monnaies. Ces serveurs consomment une énorme quantité d'énergie. En Chine, ils sont souvent situés dans des zones rurales où l'électricité est très bon marché, mais provient souvent de sources polluantes comme le charbon.

La consommation d'énergie de l'industrie chinoise du bitcoin était déjà supérieure à celle de la République tchèque ou du Qatar il y a cinq ans, selon l'étude parue dans Nature. En 2024, sa consommation d'énergie rivaliserait même avec celle de l'Italie ou de l'Arabie saoudite, ce qui la placerait au 12e rang mondial. Les émissions de gaz à effet de serre dues à l'industrie chinoise du bitcoin atteindraient alors 130,5 millions de tonnes.

Cela menace les objectifs climatiques du pays. La Chine veut atteindre le pic de ses émissions de CO2 d'ici à 2030 et devenir "climatiquement neutre" d'ici à 2060. Mais les mines de bitcoin posent un problème majeur à cet égard, explique Wang Shouyang, l'un des coauteurs de l'étude.

Il sera crucial de se concentrer sur les énergies renouvelables, même dans les régions qui sont actuellement fortement dépendantes du charbon bon marché. Une taxe sur le carbone est une autre possibilité, mais étant donné les énormes profits réalisés sur le commerce des bitcoins, elle n'aura probablement pas d'effet dissuasif sur les "mineurs", dit-il.