Les concurrents de Google n'auront plus à enchérir les uns contre les autres pour obtenir une place dans l'écran de sélection où les utilisateurs de smartphones et tablettes Android choisissent leur moteur de recherche par défaut. Google avait déjà modifié l'année dernière son système d'exploitation en offrant aux utilisateurs européens le choix entre quatre moteurs de recherche lors de l'installation de l'appareil. L'entreprise technologique l'avait fait sous la pression de la Commission européenne, qui lui avait infligé en 2018 une amende de 4,3 milliards d'euros pour avoir imposé son propre moteur de recherche dans Android au détriment de ses concurrents.

Le système que Google avait développé par la suite avait cependant suscité des interrogations. Le géant de l'internet avait laissé les concurrents de chaque pays enchérir séparément pour obtenir l'une des trois places situées à côté de Google dans l'écran de sélection. Les moteurs de recherche qui étaient prêts à payer la somme la plus élevée par utilisateur qui les choisissait s'étaient vu attribuer une place. En Belgique, il s'agit actuellement de Bing, GMX et PrivacyWall.

Ordre aléatoire d'affichage

Les plus petits acteurs du secteur avaient critiqué cet arrangement. Après avoir reçu des "commentaires supplémentaires" de la Commission européenne, Google a désormais modifié le système, indique mercredi l'entreprise. À partir de septembre, les utilisateurs pourront ainsi choisir parmi un maximum de 12 moteurs de recherche généraux.

Les cinq plus populaires dans chaque pays seront affichés en tête, dans un ordre aléatoire. Jusqu'à sept autres choix leur seront en outre proposés de manière aléatoire. Les concurrents ne devront plus payer pour leur place dans l'écran de sélection, ni payer une somme par utilisateur qui les choisit.

La Commission européenne a qualifié ces changements de "positifs" et affirme qu'ils répondent à un certain nombre de plaintes émanant d'autres sociétés de recherche.

Gabriel Weinberg, patron du moteur de recherche DuckDuckGo, estime toutefois que le géant américain ne va pas encore assez loin. "Google fait maintenant ce qu'il aurait vraiment dû faire il y a trois ans", déclare-t-il sur Twitter. Mais, ajoute-t-il, Google devrait le faire "sur toutes les plateformes (y compris la version de bureau de Chrome, par exemple), le rendre accessible à tout moment (pas seulement lors d'une réinitialisation aux paramètres d'usine), et dans tous les pays."