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Une contribution de Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, startup coach et venture partner pour LeanSquare, et Professeur invité à l'UCL et à l'UNamur.

Cher J.-J.,

Je partage ton enthousiasme quant à la victoire belge à la coupe du monde de hockey : c’est véritablement historique, une fierté pour tout le pays, et une inspiration pour des générations de jeunes.

Face à cette place au sommet dans le hockey, on se prend à regarder notre écosystème de startups, et à nous demander : « mais que diable faudrait-il pour que nos entrepreneurs aient le même niveau d’excellence que nos hockeyeurs ? »

Ce sont deux mondes différents, bien entendus, mais pas complètement étanches : une intersection existe (en particulier parmi les lecteurs de La Libre, qui choye ces publics).

Tout en étant fan, je suis pour ma part plutôt béotien en hockey (au-delà de la célèbre métaphore du « hockey stick » que j’aime utiliser pour représenter l’évolution espérée d’une belle croissance, après un petit ‘dip’ de pertes au départ).

Pour m’éclairer, j’ai donc pris le temps d’en discuter avec quelques amis hockeyeurs *et* entrepreneurs, en particulier Quentin Walravens. Ancien Red Lion, il est également l’entrepreneur derrière LaFourchette.be (rachetée entre temps par TripAdvisor), et à présent FishTripr.

Quand on essaie de comprendre le succès du hockey belge, on peut relever les points suivants.

Tout d’abord, c’est le résultat d’une stratégie consciente, concertée, et dans la durée (sur 10 ans et plus). C’est marche par marche que les étapes ont été posées, en soignant la formation et la sélection des jeunes. Regrouper les meilleurs en « squad » d’élite.

Une marche clé aussi est la sélection aux J.O. de Pékin en 2008. Ca a déclanché un cycle vertueux de davantage de moyens, de médias, de visibilité.

Ca a permis aussi à certains de s’engager comme des semi-professionnels, dans un sport qui est longtemps resté ‘amateur’ dans le sens noble du terme, avec des joueurs qui s’entraînent après avoir passé leur journée dans un autre métier.

Et un mentoring puissant, réfléchi dans la longue durée : les ados qui regardent les hockeyeurs olympiques, en étant conscients et responsabilisés à leur emboiter le pas sur cette trace glorieuse..

Autre point à relever : l’encadrement de ces équipes s’est fait en allant chercher les talents (coaches, préparateurs, etc.) à l’étranger.

Comment transposer cette excellence au monde startups ?

Sans doute en la réfléchissant dans le durée (10 ans et plus), en misant sur des entrepreneurs prometteurs, encadrés par un mentoring puissant… On en a les ingrédients, dans les initiatives de Startups.be et Scale-ups.eu, ou dans le mentoring du Réseau Entreprendre.

Sans doute qu’il faudrait y rajouter un goût pour une ambition plus internationale.

Peut-on rêver que nos entrepreneurs puissent suivre l’ambition et la réussite de nos hockeyeurs ? Ce serait un beau conte de Noël.

R.