La société, qui commercialise son propre service de messagerie interne, estime que Microsoft abuse de sa position dominante en combinant Teams avec ses autres logiciels Word, Excel, PowerPoint ou encore Outlook.

Ce faisant, Microsoft "oblige des millions de clients à installer (Teams), bloque sa suppression et cache le coût réel pour les entreprises" utilisant Office, estime Slack dans un communiqué.

La start-up représente une "menace pour l'emprise de Microsoft sur les e-mails professionnels (avec Outlook, NDLR)" et par ricochet, "la main-mise de Microsoft sur les logiciels d'entreprise", a commenté un responsable de Slack dans le communiqué.

"Nous sommes convaincus des mérites de notre produit mais nous ne pouvons ignorer les comportements illégaux qui privent les clients de l'accès aux outils et aux solutions qu'ils souhaitent", a-t-il ajouté.

Slack souhaiterait que l'Union européenne force Microsoft à vendre Teams comme un produit à part et non comme partie intégrante de sa suite Office.

La Commission européenne a bien reçu la plainte et va l'examiner selon ses procédures habituelles, a indiqué à l'AFP une porte-parole de la Commission.

Charge à elle de décider ensuite d'ouvrir ou non officiellement une enquête.

Les géants américains de la technologie font l'objet de plus en plus d'accusations de pratiques jugées anti-concurrentielles des deux côtés de l'Atlantique.

Bruxelles a ainsi infligé en 2018 sa plus grosse amende à Google, de 4,34 milliards d'euros, pour avoir abusé de la position dominante d'Android, son système d'exploitation pour smartphone, afin d'asseoir la suprématie de son service de recherche en ligne.

Microsoft avait pour sa part écopé en Europe en 2013 d'une amende de 561 millions d'euros pour avoir imposé pendant 14 mois son navigateur Internet Explorer aux utilisateurs de son système d'exploitation Windows 7.

L'agence américaine chargée de la protection des consommateurs et de la concurrence, la FTC, a de son côté demandé en février aux géants de la tech Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, de fournir des informations sur leurs acquisitions des dix dernières années.