Son chiffre d'affaires a bondi de 24% à plus de 7 milliards de dollars et son bénéfice net, 1,7 milliard, est largement supérieur aux attentes, sans que cela semble compenser le ralentissement de sa croissance aux yeux des investisseurs.

"Nous pensons que la croissance de notre base d'abonnés payants a ralenti à cause de la percée de 2020 liée au Covid-19 et aussi à cause d'une offre de contenus plus réduite au premier semestre de cette année, en raison des délais de production dus à la pandémie", a expliqué le groupe californien dans un communiqué.

"Nous avons fini 2020 avec plus d'abonnés et de revenus que nous n'en aurions eus" sans la crise sanitaire, a rappelé Netflix.

La plateforme ne table que sur 1 million d'abonnés supplémentaires pendant le trimestre en cours, contre 10 millions l'année dernière à la même période, mais espère un nouvel élan à partir de l'été, notamment grâce au retour de séries très populaires comme Sex Education ou La Casa de Papel au deuxième semestre.

"Netflix n'a rallié qu'un petit nombre de nouveaux abonnés et en attend encore moins d'ici les prochains résultats", constate Eric Haggstrom, analyste du cabinet eMarketer.

"C'est une source d'inquiétude parce que Disney+, Hulu, HBO Max et d'autres sont en train de les rattraper en termes d'abonnés américains. Cela signifie que Netflix est sans doute proche de la saturation aux Etats-Unis, son plus gros marché".

Ce rafraîchissement "montre que le monde est en train revenir un peu à la normale, aux dépens de Netflix", a tweeté Gene Munster du fonds d'investissement Loup Ventures. Sur le long-terme, il envisage une croissance "quasi plate" pour le pionnier du secteur.

Disney+, qui a pris du service en novembre 2019, est parvenu à près de 95 millions d'abonnés en février. La plateforme a largement bénéficié des mesures de confinement, de l'immense catalogue du groupe californien et de prix peu élevés par rapport aux concurrents.