Alors que Disney + débarque chez nous le 15 septembre, son concurrent a décidé de mettre les bouchées doubles pour garder du terrain. Depuis le début de la semaine, Netflix offre du contenu gratuit pour les non-abonnés. Plusieurs films sont disponibles comme "Bird Box" avec Sandra Bullock, "Murder Mystery" avec Jennifer Aniston et Dany Boon et l’oscarisé "Les Deux Papes". Ou encore les premiers épisodes des séries phares de la plateforme comme "Stranger Things" ou "Grace and Frankie". Une manière d’attirer des nouveaux clients.

 Concernant ses membres, Netflix souhaite leur offrir davantage de fonctionnalités. Elle veut notamment les aider à répondre à la fameuse question : “Que regarder ce soir ?”

Entre la dernière série fantastique dont tout le monde parle, le film d’auteur français qui fait de l’œil et le documentaire sur les grands criminels, le choix n’est pas toujours évident. Avant de lancer un programme, les utilisateurs peuvent passer de longues minutes à se décider parmi l’immense catalogue qui contient plus de 4 000 films et 2 000 séries. Il arrive même qu’après avoir trop longuement scrollé sur l’interface, l’utilisateur finit par éteindre l’application sans être parvenu à choisir. Ce phénomène porte même un nom : “la paralysie d’analyse”. L’infinité d’options épuise alors on préfère se retirer. Trop de choix a tué le choix.

Pour tenter de remédier à cette fatigue décisionnelle, le géant du streaming travaille sur un mode aléatoire. Plus besoin de faire des efforts, il suffit d’appuyer sur un bouton pour qu’un film ou une série se mette en route. Le choix sera basé sur les programmes regardés précédemment. Si cette fonctionnalité peut permettre de gagner du temps, elle ne garantit cependant pas la satisfaction. Si la semaine dernière une personne avait plutôt envie de se vider le cerveau en regardant un épisode de téléréalité, il n’est pas dit qu’elle aura envie de perdre 40 minutes avec ce genre d’émissions aujourd’hui. Heureusement, les algorithmes ne peuvent pas encore tout prévoir de nos envies.

Une fonctionnalité qui encourage le visionnage passif où les programmes les plus populaires seront probablement le plus souvent proposés. On peut aussi imaginer que Netflix mettra en avant ses propres productions. Avec ce processus, le principe de sérendipité, soit le fait de découvrir des choses par hasard, disparaît de plus en plus. Le choix n’est plus entre nos mains, mais dans celles d’une multinationale.

La lecture accélérée fait débat

Une autre fonctionnalité fait aussi beaucoup parler d’elle ces temps-ci, celle de la lecture accélérée. Alors que Netflix défend la flexibilité pour les utilisateurs, les cinéphiles alertent sur la dénaturation des œuvres. “Quand je fais une comédie, l’humour est travaillé sur un timing précis, si on change la vitesse, ça ne marche plus”, dénonce le réalisateur Ivan Calbérac dans Le Parisien. “À trop vouloir gagner du temps, on finit par le perdre”, assène-t-il.

Face à l’explosion de l’offre, le mot d’ordre semble être de consommer toujours plus. Que ce soit en permettant aux amateurs de films ne plus perdre du temps dans les méandres des propositions ou en leur offrant la possibilité de visionner plus rapidement les programmes.