Digital

Ils n’ont pas encore 30 ans et ils font pourtant déjà figure de vieilles connaissances du One Hour Challenge ! Fin 2017, William Detry et Victor Boels, jeunes diplômés de la Solvay Brussels School, étaient venus défendre Sharemypark, start-up lancée un an plus tôt, devant le jury du OHC. Il s’agissait d’une plateforme mettant en contact des propriétaires d’espaces de parking avec des personnes voulant s’assurer un emplacement lorsqu’ils se rendent en voiture à Bruxelles ou dans une autre grande ville belge. Quatre mois plus tard, on apprenait que la jeune pousse avait tapé dans l’œil de Parkpnp, une start-up irlandaise cherchant à s’étendre à l’international. Bingo !

William et Victor ne seront pas restés très longtemps à bord de l’équipage belgo-irlandais. Entrepreneurs dans l’âme, ils ne s’imaginaient pas en simples managers… "On a travaillé avec Parkpnp jusqu’en janvier, expliquent-ils. Mais, déjà en novembre, on planchait sur notre nouveau projet". Baptisé Compliment, ce projet n’a strictement rien à voir avec la mobilité et les smart parkings. Il est lié à deux aspects de la vie quotidienne qui leur tiennent à cœur : le bien-être et la performance. "C’est lié à notre rythme de vie et à celui de beaucoup de gens. Être bien, ça passe par le sport, le repos, la méditation, l’alimentation,… Avec Compliment, on vise une optimisation au plan nutritionnel".

Compliment (www.compliment.me), on l’aura deviné, fait référence à complément alimentaire. Un marché qui ne cesse de grandir, notamment auprès des plus jeunes (soucieux, quoi qu’on en dise, de la malbouffe et de ses effets en termes de carences alimentaires). Le marché des compléments alimentaires ne caractérise toutefois par une grande transparence. Entre faux labels et formules magiques, le consommateur peut facilement se faire berner.

© HAULOT ALEXIS
Pour sortir du lot, la "proposition de valeur" de William Detry et Victor Boels joue sur trois tableaux : la transparence (en fournissant une information honnête sur les compléments préconisés), la qualité (les compléments sont sélectionnés auprès de producteurs locaux belges par des experts en nutrition, dont Gilles Gernaey, ex-président de la Fédération belge des compléments alimentaires) et la personnalisation. Ce troisième aspect de Compliment mérite une petite explication. Afin d’identifier au mieux les compléments à prendre, les deux startupeurs ont développé un algorithme qui, sur la base d’une cinquantaine de questions posées en ligne (mode de vie, habitudes, etc.), va déterminer "environ 80 %" des besoins. "En fonction de ce premier bilan, on va envoyer un pack personnalisé de 30 sachets contenant les compléments appropriés à prendre chaque jour". Il en coûte 30 euros pour un pack mensuel. Au bout de trois mois, un nouveau bilan est alors proposé et, le cas échéant, la composition du pack est optimisée.

Une première validation du produit a été menée, en début d’année, auprès d’étudiants. Avec succès. Des précommandes ont été lancées avec, à la clé, plus de 500 abonnements à ce jour. Mais le vrai coup d’envoi commercial est prévu pour la mi-juin. À l’horizon de 2020, l’ambition est de pouvoir commercialiser Compliment sur le marché français.

L’enjeu, désormais, est de se faire connaître plus largement et de convaincre les clients de tester Compliment. La stratégie marketing prévoit la publication d’articles par des experts en nutrition, l’organisation de conférences et le recours à des influenceurs.


L'avis du coach Roald Sieberath (Leansquare)

© DR
Voilà des jeunes entrepreneurs qui ne chôment pas ! À peine sortis de l’aventure Sharemypark (qui avait démarré durant leurs études à Solvay), William Detry et Victor Boels se replongent dans un nouveau défi entrepreneurial. En tant que millenials, l’observation de leur génération est assez correcte : soucieux de leur image "instagrammable", de leur bien-être, santé et apparence. D’autres traits, bien dans l’esprit du temps, sont ajoutés au "mix" : la relation en ligne et la pertinence santé (par l’avis de spécialistes). Mais là où je pense que la start-up joue une carte particulièrement intéressante, c’est sur les points de ce qu’on appelle la "UX", la User eXperience ou expérience utilisateur. Proposer de personnaliser, via un questionnaire, c’est très bien vu à une époque de célébration de l’individu. Sans doute qu’à terme, ça se déclinera sur base de prises de sang ou autre profilage de personnalisation. Enfin, le mode d’abonnement, ainsi que le packaging individuel, font de Compliment, en quelque sorte, le premier "VaaS" ou Vitamin as a Service (ce qui assure aussi le suivi quotidien dans la durée de la cure). Sur ces bonnes bases, et épaulés par The Family, il n’est pas étonnant que Compliment ne soit pas activement encore à la recherche de financement : ils préfèrent continuer à valider, ajuster et grandir. Et faire, ultérieurement, un plus grand bond avec un projet davantage validé. Un beau projet vitaminé !

© IPM