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Avec leur projet Glask, Nicolas Colsoul et Julien Dubois, deux étudiants ingénieurs en mécatronique de l’UCLouvain, nous (re) plongent dans l’univers estudiantin. À vrai dire, quand il s’agit de faire la fête, les étudiants n’ont pas fondamentalement changé au fil du temps (et c’est un vieil étudiant baptisé de l’UCL qui vous le dit !). En gros, ils aiment toujours autant se retrouver entre eux, dans un cercle ou un kot, pour "vider" quelques godets.

En y regardant de plus près, un changement important est toutefois intervenu ces dernières années, font remarquer nos deux ingénieurs-guindailleurs. Si les étudiants ont généralement un verre dans une main (bière, cocktail, soft,…), ils ont un smartphone dans l’autre. Et l’invasion des téléphones portables ne contribue pas forcément à la bonne ambiance dans les lieux festifs. Au contraire… Les yeux rivés sur l’écran, l’étudiant peut carrément casser l’ambiance.

L’idée de Glask, que Nicolas Colsoul et Julien Dubois ont eu voici deux ans en suivant le programme "StarTech" (initiative du WSL, structure d’accompagnement des techno-entrepreneurs, déployée dans toutes les écoles d’ingénieurs de Wallonie et à laquelle notre coach Roald Sieberath collabore), tend précisément à remédier au risque que les sorties estudiantines ne tombent dans l’ennui. "Nous avons identifié trois axes de développement : l’interactivité, la variété et le recours à une technologie à la fois innovante et amusante", expliquent les deux étudiants-entrepreneurs.

Le résultat de leurs cogitations a donc pour nom "Glask", le premier gobelet connecté à un smartphone que l’on peut transformer en manette de jeu ! Glask est un "cocktail" (sic) de fonctionnalités rendant interactifs les jeux à boire et autres. Il s’allume pour indiquer qui doit jouer, vibre lors d’une erreur, mesure le débit de boisson, change de couleur,… Mieux : grâce à la plateforme développée par les deux fondateurs de Guindaille Factory, tout le monde peut créer son propre jeu pour Glask.

Pratiquement, le dispositif se compose de trois gobelets et d’un socle portable (voir photo ci-contre). Le socle permet d’interconnecter autant de goblets que nécessaire avec un seul smartphone. Le socle intègre également sa propre batterie, un système lumineux (via des leds multicolores), un détecteur de choc et de multiples capteurs internes (pour mesurer le niveau du contenu). Le chargement de la batterie s’opère sans fil à l’aide du socle. Dernière spécification technique qui a son importance : lors du lavage, le gobelet résiste à une eau chaude de 50° (maximum).

Actuellement, Glask en est toujours à la phase de prototypage. "On cherche encore un avis d’expert en IoT (Internet des Objets, NdlR) pour professionnaliser le produit. L’objectif est de finaliser le prototype d’ici la fin de l’année, ainsi que réaliser une ‘app’de base et lancer la prévente". En 2020, Nicolas Colsoul et Julien Dubois prévoient de publier l’interface de programmation de Glask (afin d’encourager la création de premiers jeux) et de lancer une campagne de crowdfunding (via la plateforme Kickstarter). Enfin, en 2021, ils donneront le coup d’envoi au démarrage de la production.

Si le projet est étroitement lié au monde estudiantin, l’ambition est de cibler tous les types de soirées entre amis que pour une énorme soirée d’anniversaire. "Pour des raisons financières, on vise avant tout les jeunes ayant déjà un boulot". Mais, on l’aura compris, tout le monde est le bienvenu !


L'avis du coach Roald Sieberath (Leansquare)

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Un entrepreneur s’inspire typiquement de son quotidien pour trouver des idées. Voilà pourquoi le projet "Glask" de Nicolas Colsoul et Julien Dubois s’appelle aussi "Guindaille Factory". On peut trouver ça futile, mais la fête est sans doute, pour un étudiant fêtard, quelque chose de trop sérieux que pour ne pas y déployer une technologie ludique. Le premier produit est un gobelet connecté, qui détecte les mouvements, les chocs, le niveau du liquide, et qui peut réagir en s’illuminant. Le prototype fonctionne, avec un design qui a été réfléchi assez loin : une base wifi, trois gobelets bluetooth et un concept ouvert (c’est-à-dire où des développeurs tiers peuvent transformer Glask en "manette de jeu" à travers des applications mobiles). Il est intéressant de remarquer que ces jeunes voient dans les plateformes de crowdfunding, telles que Kickstarter, un nouvel eldorado où l’on peut convaincre le public à voter avec son portefeuille en pré-achetant le futur produit. Et là, un tel projet est en bonne compagnie parmi les gadgets ludiques, dont certains connaissent parfois un succès fulgurant. Notre conseil à ce stade : ne pas négliger les challenges propres à l’industrialisation. La distance est plus grande que l’on croit entre le prototype et la (pré-) série (où Nicolas et Julien visent des dizaines de milliers de pièces). Et il est sans doute sage de lever un peu d’argent pour financer une campagne de qualité.

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