Ce montant total comprend le rachat de 80 % du capital de Blue Yonder, car Panasonic détient déjà 20 % de la société depuis juillet 2020, ainsi que le coût de dettes à rembourser, a précisé Panasonic dans un communiqué.

Il s'agit de l'une des plus grandes acquisitions de l'histoire du groupe nippon, qui va ainsi étoffer considérablement l'un de ses segments d'activité méconnus du grand public mais à fort potentiel: l'ingénierie industrielle et les solutions numériques à destination des entreprises.

Avec sa plateforme d'intelligence artificielle Luminate, Blue Yonder équipe 3.300 organisations du monde entier, dont de nombreuses multinationales comme Walmart, Unilever, Starbucks, Carrefour, Heineken ou encore Coca-Cola et Pepsico.

Société fondée en 1985 et non cotée en Bourse, Blue Yonder s'appelait à l'origine JDA Software jusqu'à ce qu'elle se rebaptise l'an dernier du nom d'une société d'intelligence artificielle rachetée en 2018.

Encore trop de gaspillage

"Le besoin de chaînes d'approvisionnement plus intelligentes, autonomes et à la pointe de la technologie a été cruellement souligné par la pandémie de Covid-19, la montée du commerce en ligne et la prolifération des données", a souligné Panasonic dans son communiqué. "Il y a encore tellement de gaspillage et de stagnation dans les opérations de chaîne d'approvisionnement (...). En combinant la puissance de Blue Yonder et de Panasonic, nous pourrons créer de l'innovation", a déclaré le directeur général de Panasonic Yuki Kusumi, cité dans le communiqué.

L'acquisition devrait être finalisée dans la seconde moitié de l'exercice 2021/22 de Panasonic, entamé le 1er avril.

En raison de son coût important, cette transaction, dont l'imminence avait fuité dans les médias peu avant la clôture de la Bourse de Tokyo, risque d'être mal vue à court terme par les investisseurs. L'action Panasonic a déjà lâché 3,46 % vendredi.

Jadis dominante, l'industrie électronique japonaise a pris avec retard le train de la transformation numérique, mais certains observateurs pensent qu'elle a une occasion en or de se rattraper avec la tendance croissante des objets connectés et intelligents (IoT).

Moins d'activités grand public

Panasonic s'est désengagé ces dernières années d'activités grand public qui n'étaient plus rentables faute d'une concurrence asiatique devenue trop rude, comme les écrans TV, désormais confiés à des fabricants tiers mais toujours commercialisés sous son nom.

Mais le groupe demeure un important fournisseur de systèmes électroniques pour de nombreux secteurs (automobile, aéronautique et ferroviaire, bâtiment...). Et en tant que référence mondiale dans les batteries électriques, il est partenaire de l'américain Tesla.

Hitachi, compatriote et rival de Panasonic dans divers secteurs d'activité, se renforce lui aussi dans les logiciels: il a annoncé fin mars l'acquisition d'une autre société américaine, GlobalLogic, pour environ 9,6 milliards de dollars (8 milliards d'euros).