Planquez les cotillons. Cela devrait être une fête pour les joueurs du monde entier. A une semaine du lancement officiel de la PlayStation 5 en Belgique (le 19 novembre), c'est rien de dire que ce baptême de la next-gen, événement qui n'a pourtant lieu que tous les 7 ans (c'est presque deux fois plus long que le mandat du président américain...), sera moins jovial qu'à l'accoutumée.

Déjà parce qu'il faut, situation sanitaire oblige, tirer un trait sur tous les rassemblements qui auraient pu découler autour du lancement de la la PS5. Surtout parce que la console, en rupture de stock dès le jour où elle a été mise en précommande, ne sera livrée qu'à un nombre réduit de gamers, et qu'elle sera totalement introuvable dans les magasins non-essentiels (fermés durant ce reconfinement). La même remarque prévaut également pour les nouvelles Xbox Series X et Series, dont la date de sortie officielle est encore plus précoce : elles sont sorties ce 10 novembre.

La PS5 : une console nouvelle génération
La PS5, la nouvelle console de jeux vidéo de Sony © SONY

Qu'à cela ne tienne : voilà qui donne un délai supplémentaire à ceux qui envisagent un saut dans la next-gen, sans toutefois être encore totalement décidés. Pour aiguiller leur réflexion, nous avons pu prendre en main la PS5 depuis quelques jours, et essayer plusieurs titres qui figurent au line-up de son lancement : Astro's PlayRoom (gratuit et préinstallé sur toutes les PS5 du monde), Demon's Souls, Sackboy : A Big Adventure et, surtout, le jeu vitrine de ce lancement : Spider Man : Miles Morales, supposé entrouvrir la porte des possibilités promises par cette nouvelle génération. Des portes que nous aurions aimé pousser également sur la très prometteuse Xbox Series X (impressionnante d'un point de vue hardware mais qui s'accompagne d'un lancement famélique en terme de jeux exclusifs ou propres à cette nouvelle génération), malheureusement, nous n'avons pas été en mesure de tester la nouvelle console de Microsoft.

Performances, bruit, chaleur, interface, design, SSD, Ray Tracing, apport des nouveaux jeux, on vous dit tout dans notre première prise en main de la PlayStation 5.

Packaging, design, ressenti, encombrement : un sacré bestiau

On n'"unboxe" pas une nouvelle console de salon comme un vulgaire produit lambda commandé en plein reconfinement. Il faut être gamer pour l'entendre, mais il s'agit toujours d'un moment privilégié, teinté d'émotion. La PS5 ne se drape pas spécialement d'un packaging luxueux, malgré son tarif de 499 € (pour la version Classic, pourvue d'un lecteur Blu-Ray UHD qui nous a été fournie pour ce test). L'essentiel est toutefois là pour démarrer l'expérience : une nouvelle manette DualSense, la console, son pied et un câble HDMI (2.1, histoire de garantir l'expérience la plus optimale en termes d'affichage si vous êtes équipé d'un téléviseur UHD, avec HDR) sont fournis.

Première impression sur la console : elle est énorme ! Avec 7,2 kilos sur la balance, les vidéos de présentation nous en avaient déjà donné un aperçu. Plus que confirmé en vrai. La PS4 "basique" (Fat Edition), à côté, a les allures d'une Switch VS...

La console de jeu Sony : ultra hd et pleine d'exclusivités
© DEMOULIN

En termes d'esthétique, il y a deux partis pris forts dans le chef de Sony avec lesquels il faut composer :

  1. La PS5 opte pour un design résolument futuriste, où le blanc (le gris très clair, en fait) domine sur le noir, où les LED (bleues à l'allumage, blanches en fonctionnement, orange au repos) sont assez marquées. Le sens du détail est assez poussé : sur certaines de leurs faces, les coques blanches de la PS5 sont composées de millier de minuscules symboles chers à PlayStation : Carré, Triangle, Rond, Croix.
  2. La console, dans sa version avec lecteur de disque, opte pour une conception forcément asymétrique. D'un point de vue esthétique, la PS5 est déroutante. Nous ne nous rangeons pas dans le camp de ceux qui la trouvent sublime, à dire vrai.

Élément universel, en revanche, à prendre en compte : la PS5 n'est pas facile à loger dans un meuble TV, que ce soit en position verticale ou horizontale... En revanche, l'astucieuse conception de son pied circulaire (où la vis de serrage est logée dans une trappe qui n'apparaît qu'en faisant coulisser le pied) est à souligner, en dépit de la bancalité du système lorsqu'on couche la PS5 plutôt que de la faire trôner debout.

La manette DualSense fera, à notre humble avis, beaucoup plus l'unanimité : légèrement plus grande que la DualShock 4, elle est aussi plus élégante et, surtout, pourvue de bien plus de nouvelle fonctionnalités... Mais on y revient un peu plus loin.


Mise en route, nouvelle interface, vitesse, apport du SSD : ça fuse !

Première chose qui frappe, dès le premier allumage : l'interface a totalement évolué. Pour un mieux : plus fluide que jamais, elle est aussi plus élégante.

Exit le bleu typique de la PS4, elle se compartimente désormais en deux zones : les "Jeux" et les "Contenus Multimédias" (Netflix, Disney+, YouTube, Prime Video, Spotify, qui disposent tous de leur app dédiée sur PS5). A chaque écran, c'est le part belle au contenu ciblé qui est faite, avec des visuels du titre que vous êtes sur le point de lancer. Autre nouveauté : un clic sur le bouton PS permet, à tout moment, en pleine partie ou pas, de faire apparaître un menu contextuel rapide vous permettant de quitter ou lancer un autre jeu/service. Ce qui nous amène à un aspect crucial de cette PS5 : celui des transitions.

Rendu sur écran de la PS5 : ultra HD, aux graphismes impeccables
© A.CA.

Comme sur la Xbox Series X, la PS5 intègre en effet un SSD (Solid State Drive), plutôt qu'un HDD (disque dur) classique. Et ça change tout, puisqu'il ne vous faudra plus attendre plus de 2 secondes avant de lancer une sauvegarde ! C'est tout bonnement l'adieu aux temps de chargement, ce qui est plutôt bienvenu... La vitesse est vraiment de mise dans toutes vos interactions avec la PS5, mais on déplore tout de même un bémol important : annoncé (sur la boîte) avec une capacité de 825 Go, le SSD de la PS5 ne propose en réalité que 667 Go exploitables d'espace de stockage... C'est peu, surtout lorsqu'on sait que certains jeux pèseront plus de 100 Go (comptez une cinquantaine de Gigas sur le nouveau Spider Man, un peu moins pour Demon's Souls)...

Il sera heureusement possible d'étendre cette capacité en ajoutant un SSD à la console, mais Sony n' pas encore dévoilé ni la disponibilité ni le prix de cet accessoire, qu'on présume onéreux...

Bruit, chaleur : le calme plat

C'est la raison principale de son encombrement XXL : la PS5 a été pensée pour faire le moins de bruit possible, et évacuer la chaleur de manière optimale. Histoire de gommer deux griefs majeurs de la PS4 (et surtout de la PS4 Pro). Des innovations d'ingénierie comme l'introduction de métal liquide ou d'un radiateur (énorme !) pour la dissipation thermique ont, ainsi, conduit sa conception. La présence d'un unique (mais très gros !) ventilateur, itou. La bonne nouvelle, c'est que cela fonctionne : il faut coller son oreille à la coque (ce que même le plus perturbé des gamers ne fera pas longtemps) pour entendre la machine travailler. Idem pour la chaleur, parfaitement effectuée : même sur Spider Man : Miles Morales, en 4K HDR à 60 FPS, rien à signaler. Un excellent point, qu'il faudra toutefois confirmer lorsque des jeux plus gourmands en ressources tireront la quintessence technique de ce que la PS5 a dans le bide.

Seul module de la console à s'ébruiter légèrement : le lecteur Blu-Ray lorsqu'un disque y est inséré. Mais rien de problématique, promis.

DualSense 5 : la véritable révolution de cette PS5 ?

Honnêtement, on avait cru à l'argument marketing un peu bidon. Et on n'est pas loin de, déjà, changer d'avis ! La manette DualSense, qui rompt avec la longue tradition des DualShock, propose bien une "toute nouvelle expérience de jeu". Il suffit de prendre Astro's Playroom, le jeu gratuit et préinstallé sur toutes les PS5 du monde en main, pour s'en rendre compte.

La manette de la PS5 : la DualSense, parfaite pour le gaming
© SONY

Ce jeu de plate-formes, très sympa à joueur pour petits et grands, où il faut faire évoluer un petit robot au coeur de niveaux plus bigarrés les uns que les autres, a surtout été pensé pour servir de démo géante à la nouvelle manette PlayStation. Et le pari est réussi : le retour de force sur les vibrations est grisant (elles s'intensifient selon la difficulté croisée à l'écran), mais moins que les fameuses gâchettes (R2 et L2) adaptatives : lorsque vous tirez sur un élément à l'écran, la résistance qui s'oppose à vous dans le jeu se traduit dans la gâchette, qui sera plus dure à enfoncer selon la difficulté rencontrée "in-game"! Le capteur de mouvements intégré rend également ce geste intuitif que nous faisions tous, en vain, au moment de prendre en main la première manette de votre vie : cette fois, incliner le pad a bien un impact ! Il est également possible de souffler sur la manette (pour faire avancer Astro, sur un bloc de glace se mouvant sur une rivière), tandis que la DualSense intègre hauts-parleurs (pour par exemple, entendre le bruit de l'acier d'une lame sortir de la manette en plein combat chevaleresque) et micro.

Si (et seulement si) les éditeurs tiers s'emparent des possibilités, très grisantes, offertes par cette nouvelle manette, un vrai "plus" se profile aux futurs possesseurs de la PS5... A l'heure actuelle, Sackboy : A Big Adventure joue fortement le jeu, Spider Man : Miles Morales et Demon's Souls un peu moins. D'autant plus qu'au delà de ces nouveautés, la DualSense est élégante, mais surtout ergonomique : sa croix directionnelle est bien dosée, le grip présent mais pas trop et le fait qu'elle ait pris un peu d'embonpoint la rend plus efficace encore (on trouvait la DualShock 4 un poil trop petite/légère). De quoi clairement rivaliser avec les dernières manettes Xbox, reconnues pour être de vrais modèles du genre...

Bon point enfin : la batterie intégrée dans la DualSense est bien plus endurante que celle intégrée dans les DualShock sur PS4 (de l'ordre de 50% de plus). Avec une recharge nocturne, plusieurs heures de jeu quotidiennes n'ont pas suffi à épuiser la batterie de notre modèle de test. 

Rétrocompatibilité : moins bien que les Xbox Series, mais mention très bien quand même

C'est une nouveauté sur cette génération : il est possible de jouer, sur PS5, à l'immense majorité (plus de 95% du catalogue, dixit Sony) des jeux que vous avez acquis sur PS4 sur la PS5.

En dématérialisé (ils vous seront proposés en retéléchargement sur PS5, gratuitement) ou en physique (mais il faut alors, bien entendu, que vous ayez opté pour une PS5 équipée d'un lecteur Blu-Ray). Cette rétrocompatibilité, réclamée à corps et à cris par les gamers, arrive à point nommé. Elle fonctionne parfaitement, et permettra même de proposer une expérience optimisée sur PS5, du moins pour certains titres (qui se chargent beaucoup plus vite, merci le SSD).

Il faut toutefois noter ici que Microsoft a été plus loin que Sony : la Xbox Series X peut faire tourner les jeux de la One X, mais aussi de la Xbox 36O.

Catalogue de jeux au lancement : Spider Man : Miles Morales, un super... DLC à 59 €

Un point sur lequel, en revanche, Sony prend nettement le dessus sur Microsoft est clairement le catalogue disponible au lancement.

Sur Xbox Series, c'est bien simple : aucun titre exclusif ou pensé pour la next-gen n'est dispo au lancement. Sur PS5, on a Spider Man : Miles Morales, Demon's Souls, Sackboy : A Big Adventure ainsi que Godfall. Même si la plupart de ces jeux sont/seront également disponibles sur PS4 (cross-gen quand tu nous tiens).

Le jeu vitrine est clairement Spider Man : Miles Morales. Fort du carton absolu de son prédécesseur sur PS4, il en reprend les codes, mécaniques et sens du spectacle. Quel bonheur de lancer les parties en un rien de temps, de faire des voyages rapides sur la map qui s'avèrent instantanés !

Aussi, graphiquement, il y a de vraies améliorations, surtout si vous jouez sur un écran 4K HDR : le Ray Tracing fait des merveilles (la lumière se reflète comme jamais sur une flaque, un trottoir gelé ou les fenêtre d'un building que va parcourir Spidey), et la fluidité graphique est omniprésente.

Spider Man - Miles Morales : un des nouveaux jeux vidéos de la PS5
© SONY

L'aventure est palpitante, mas... courte : comptez une bonne dizaine d'heures en prenant le temps. Il s'agit donc, de fait, d'une grosse extension, d'un méga DLC, plutôt que d'un vrai nouveau Spider-Man 2. Un gros DLC commercialisé 59 € tout de même...

Demon's Souls, absolument mirifique dans son traitement des lumières et son ambiance, est peut-être, en termes visuels, le titre qui montre le plus efficacement qu'on est bien entrés dans la Next-Gen. Ce remake du classique PS3 de 2009, réputé pour sa revêche difficulté, n'est toutefois pas destiné à toutes les audiences. 

Demon Souls : jeu vidéo sur PS5
© BLUEPOINT
 

Au contraire de Sackboy : A Big Adventure, platformer coloré, amusant mais conforme aux attentes sur ce type de titre.

Sack Boy : jeu vidéo sur PlayStation 5
© SONY
Néanmoins, comme souvent lors du lancement d'une nouvelle console, on ne compte pas encore, Day One, de titres énormissimes et inloupables. Du calibre d'un God Of War (attendu en 2021), d'un titre de Naughty Dog ou du patron absolu du secteur : GTA 6 de Rockstar.

Alors, craquer ou pas ? Notre avis

Tenant compte de tout ceci, se pose la question, brûlante : tenter d'acquérir une PS5 le plus vite possible est-il recommandé ? D'un point de vue conception (ingénierie, absence de chaleur, bruit émis très discret), on peut déjà écrire, après une grosse semaine de tests (pourtant dans un environnement de pré-production) que cette PS5 semble très bien née. Elle reste calme, fraîche (pas de chauffe marquante) et flexible en toutes circonstances.

Son catalogue de lancement, très correct, ainsi que sa rétrocompatibilité avec les jeux PS4, en font, d'ores et déjà, une console capable de délivrer des milliers d'heures de divertissements. Point de vue nouveautés, le SSD, le Ray-Tracing (sur certains titres, qui exploitent cette techno), la nouvelle manette DualSense, la rétrocompatibilité et l'interface, nettement plus aboutie, sont à ranger dans la colonne des "Plus".

L'encombrement majeur de la console, son esthétique qui divise et la relativement faible capacité de son SSD embarqué (667 Go, et non 825 comme indiqué sur la boîte) remplissent la colonne des moins, de même que le prix de certains jeux (qui va passer de 69,99 à 79,99 € en tarif recommandé).

A l'équilibre ? On dira que la PS5 est une console déjà enthousiasmante mais, surtout, extrêmement prometteuse. Toutefois, si le contexte sanitaire et économique ne vous permettent pas de mettre la main dessus à ce stade (un restock est prévu le 19 novembre), notre message est le suivant : pas de panique. Le meilleur sur la console est à venir dans les mois ou années qui viennent, et aucun titre absolument indispensable et irrésistible n'est aujourd'hui à l'affiche de la machine. Après tout, la PS4 aura vécu 7 belles années et deux des meilleurs titres de son histoire ont vu le jour ces six derniers mois : The Last Of Us 2 et Ghost Of Tsushima.