Comme Sundar Pichai (Alphabet, maison mère de Google), Tim Cook (Apple) et Jeff Bezos (Amazon), le patron va devoir défendre sa plateforme, accusée à gauche comme à droite d'être devenue trop dominante.

Dans des extraits de son discours consultés par l'AFP mardi, il présente ses arguments, et en appelle notamment au patriotisme économique des élus. "Nous croyons dans certaines valeurs - la démocratie, la compétition, l'inclusion, la liberté d'expression - sur lesquelles l'économie américaine a été bâtie", assène-t-il. "Il n'y a pas de garanties que nos valeurs vont gagner. La Chine par exemple construit sa propre version d'Internet sur des idées très différentes, et exporte cette vision dans d'autres pays."

Mark Zuckerberg avait déjà utilisé cet argument lors d'une audition en octobre sur son projet de monnaie numérique, devant la Commission parlementaire des services financiers. Il rappelle aussi qu'à son avis les gouvernements et régulateurs devraient "jouer un rôle plus actif" pour "mettre à jour les règles de l'internet" en termes de modération des contenus.

Le milliardaire anticipe ainsi les critiques prévisibles qu'il risque de subir: de nombreux démocrates et la société civile sont remontés contre le réseau, jugé trop laxiste vis-à-vis des messages et vidéos d'extrême droite ou de certains propos insultants du président Donald Trump. Mais l'audition est censée porter avant tout sur d'éventuels abus de position dominante par les quatre mastodontes.

'autre milliardaire Jeff Bezos prévoit pour sa part de défendre le bilan et les accomplissements de sa société, Amazon, dans des termes dithyrambiques mercredi lors d'une audition des quatre géants de la tech au Congrès sur d'éventuelles pratiques anti-concurrentielles.

Dans son discours d'ouverture, publié mardi sur le blog de son groupe, il revient sur les prises de risque des débuts et s'étend sur son succès auprès des consommateurs, son rôle en termes de création d'emplois et la concurrence à laquelle Amazon fait face dans le secteur de la distribution.

Il conclut qu'Amazon "doit être examinée", comme toute grande organisation, mais avertit aussi, en amont : "Si quand vous regardez dans le miroir et évaluez les critiques vous pensez encore que vous avez pris les bonnes décisions, aucune force au monde ne devrait pouvoir vous faire changer".