La vidéo diffusée dimanche lors d’un live Facebook s’est très vite frayée un chemin sur l’application TikTok, fréquentée majoritairement par des enfants et des adolescents de moins de 14 ans. On y voyait un homme, assis sur une chaise de bureau, se donnant la mort à l’aide d’un fusil. Certains utilisateurs en ont même fait des montages, insérant la vidéo à la suite d’images innocentes pour susciter plus de choc et éviter sa suppression. Une flopée de messages d'avertissements a dès lors envahi Twitter. "Assurez-vous de rester loin de TikTok aujourd'hui (en particulier les enfants) jusqu'à ce qu'ils arrivent à arrêter la propagation d'une vidéo de suicide vraiment choquante (...)" signalait le comédien Jason Manford.


Une porte-parole de TikTok a confirmé lundi que la vidéo de suicide avait bien circulé sur l’application et a insisté sur le fait que la plateforme faisait tout son possible pour retirer le contenu au plus vite. “Nos systèmes ont automatiquement détecté et signalé ces clips pour violation de nos politiques contre les contenus qui affichent, louent, glorifient ou encouragent le suicide", a-t-elle déclaré.

Pourtant, lundi soir, la vidéo apparaissait toujours et plusieurs utilisateurs qui tentaient de la faire disparaître se heurtaient au système de signalement de TikTok. Une utilisatrice de Twitter écrivait mardi matin que, quand elle essayait de signaler la vidéo, elle faisait face à ce message : "Nous avons constaté que le contenu signalé n'enfreignait pas le règlement de la communauté".


Une école à Sydney (Australie) a même diffusé une note aux parents leur demandant de tenir leurs enfants loin de l’application le temps que la vidéo soit définitivement supprimée.

Ce n'est pas la première fois que TikTok a du mal à faire face à une vidéo de suicide circulant sur sa plateforme. Plus tôt dans l’année, un utilisateur de 19 ans avait diffusé en direct son suicide sur TikTok. L’application, qui avait attendu plus de trois heures avant d'alerter les autorités, avait alors été sévèrement critiquée. D'autres réseaux sociaux ont également été aux prises avec ce problème, y compris Facebook, qui a été critiquée pour des retards dans la suppression du live du massacre survenu dans une mosquée de Nouvelle-Zélande en 2019.

Pas sûr que TikTok, déjà en difficulté face au gouvernement américain, ne survive à un ultime scandale. Le président Trump avait signé le mois dernier un décret donnant à la société mère chinoise ByteDance 90 jours pour se défaire des activités de l’application aux États-Unis. TikTok avait rétorqué en poursuivant l'administration Trump en justice, et étudie actuellement les offres de plusieurs sociétés américaines, dont Oracle, Microsoft et Walmart, qui auraient fait une offre commune.