Le phénomène du phishing, où des fraudeurs tentent de s'emparer des codes bancaires des internautes, est devenu un problème social général pendant la crise du coronavirus. Personne n'est épargné, selon les nouveaux chiffres de la fédération du secteur Febelfin. En effet, trop peu de Belges seraient au courant de cette technique de fraude. Plus d'un Belge sur trois (34 %) dit avoir reçu un message de phishing le mois dernier. Plus de la moitié (56 %) ont reçu de tels messages au cours des six derniers mois, selon une enquête menée en coopération avec le bureau de recherche IndiVille. "Vous devez donc être constamment en alerte", prévient Febelfin.

Le phishing n'est cependant pas encore suffisamment connu. Environ 12 % des Belges n'ont jamais entendu parler du "phishing" ; chez les jeunes (jusqu'à 30 ans), cette proportion atteint même 30 %. Cette ignorance signifie que 3 % des personnes qui ont déjà reçu un message de phishing y ont donné suite. Chez les jeunes, cette proportion est de 5 %.

Sept pour cent des Belges ont partagé des informations financières pour lesquelles ils se sentaient mal à l'aise au cours des six derniers mois. Ce chiffre est de 17 % chez les jeunes, et Febelfin qualifie cette situation d'"alarmante". Trois pour cent d'entre eux disent qu'ils partageraient leurs codes bancaires si la banque le leur demandait ; chez les jeunes, cette proportion est de 8 %. Et c'est exactement ce que font les cybercriminels : ils essaient de voler le code en se faisant passer pour une banque.

Vigilance en baisse

"Bien que les chiffres montrent que les cybercriminels profitent massivement de la crise, l'inquiétude des Belges face à la cybercriminalité a diminué", note Febelfin. L'organisation sectorielle note que les banques belges continuent à investir dans des mesures de sécurité supplémentaires, ce qui signifie que plus des trois quarts de tous les transferts frauduleux sont détectés et bloqués ou récupérés. "Mais garantir des opérations de paiement fluides et rapides et une détection efficace des fraudes est un équilibre difficile et délicat, également en termes de commodité pour le client".

Selon l'enquête, un Belge sur trois considère que les mesures de sécurité supplémentaires lors des achats en ligne ne sont pas nécessaires, et les jeunes en particulier y voient un obstacle.

La fédération bancaire souligne qu'il est en fait facile d'éviter le phishing. Vous pouvez le faire en ne donnant jamais vos codes personnels en réponse à un courriel, un message texte, un appel téléphonique ... et en ne cliquant jamais sur un lien qui vous a été donné. Il est préférable de taper vous-même l'adresse de votre banque ou d'utiliser l'application bancaire.

Les personnes confrontées à une tentative de phishing peuvent le signaler à leur banque (phishing@bankdomain name) et à la plateforme de sécurité en ligne Safeonweb (verdacht@safeonweb.be). En 2020, 3 225 234 messages suspects ont été transmis à cette dernière adresse, soit un quasi-doublement en un an.

L'année dernière, le nombre de transactions de phishing réussies s'est élevé à environ 67 000, les fraudeurs ayant pillé environ 34 millions d'euros.