Jusqu'à 2 000 euros pour aller travailler en Flandre : le CD&V veut attirer les chercheurs d'emploi wallons et bruxellois au Nord du pays

Le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V) veut attirer les chercheurs d'emploi wallons et bruxellois en Flandre, et éviter leur fuite vers les pays limitrophes. Un changement de dynamique qui passera par une coopération renforcée entre les Régions, mais aussi par des incitants financiers.

"Tous les talents potentiels doivent être sollicités, y compris ceux présents en Wallonie et à Bruxelles", souligne le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V).
"Tous les talents potentiels doivent être sollicités, y compris ceux présents en Wallonie et à Bruxelles", souligne le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V). ©D.R. - BELGA

Traverser la frontière, même si elle n'est que linguistique, entre la Wallonie, Bruxelles et la Flandre pour trouver un emploi, est loin d'être monnaie courante. Une situation à laquelle le CD&V souhaite remédier en attirant davantage de travailleurs issus de la Belgique francophone vers le Nord du pays.

Les chrétiens-démocrates flamands évoquent en effet une "pénurie incroyable sur le marché de l'emploi, [...] 3 entreprises flamandes sur 4 éprouvant de sérieuses difficultés pour trouver des candidats à des postes vacants". Or, "tous les talents potentiels doivent être sollicités, y compris ceux présents en Wallonie et à Bruxelles", souligne le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V). "Sur les dix dernières années, 10 000 Wallons en moins se sont dirigés vers la Flandre pour y travailler. Dans le même temps, de plus en plus sont en revanche partis vers des pays voisins. La Flandre n'est donc pas une destination attrayante pour les chercheurs d'emploi wallons", regrette-t-il. Une problématique à laquelle son parti souhaite remédier.

Renforcer la coopération entre les organismes responsables

Une première piste concerne la coopération entre les offices régionaux pour l'emploi, à savoir le VDAB, Actiris et le Forem. "L'accord de coopération renouvelé entre le VDAB et Actiris, avec le franc succès pour la campagne à Bruxelles 'Een job, c'est aussi un job', montre qu'inciter à la mobilité interrégionale donne des résultats", indique le communiqué du parti. "Cela doit se traduire par un effort permanent", complète le député Bothuyne, qui envisage des partenariats similaires en Wallonie, via notamment des campagnes publicitaires et sur les réseaux sociaux.

En joignant les forces vives, il serait dès lors plus simple de trouver des solutions d'emploi au niveau national. "Au lieu de faire appel à des travailleurs originaires d'Afrique, du Sud ou de l'Est de l'Europe, la solution se trouve peut-être dans notre pays, de l'autre côté de la frontière linguistique."

Aides et incitants à venir en Flandre

Par ailleurs, le CD&V rappelle que la Flandre dispose déjà d'outils pour attirer les travailleurs chez elle. Il cite par exemple les primes à l'emploi pour les bas revenus, les droits d'enregistrement réduits ("le CD&V souhaite tout simplement les supprimer") pour une première habitation ou encore des cours de langue gratuits. Sans oublier la mobilité, qui ne doit pas être négligée. "En incitant à la mobilité physique, nous voulons simplifier l'accès au lieu de travail pour les navetteurs. Via le budget mobilité, nous proposons un stimulant fiscal pour pousser les travailleurs à habiter plus près de leur bureau, ce qui permet aux travailleurs de pouvoir opter pour des solutions de mobilité durable", détaille Robrecht Bothuyne.

L'intégration dans le tissu social local, l'adaptation de la législation en vigueur, une meilleure définition des rôles des offices pour l'emploi et l'accompagnement à l'installation sur le sol flamand doivent également faire partie intégrante de l'approche pour attirer les travailleurs provenant de la Wallonie et de Bruxelles.

S'inspirer de ce qui se fait ailleurs

Enfin, il ne faut pas hésiter à s'inspirer des mesures efficaces déjà instaurées dans d'autres pays. Le député flamand évoque ainsi la possibilité d'offrir, sous certaines conditions ("vivre à plus de 60 kilomètres et travailler pendant une durée minimum de six mois"), un soutien financier pour les personnes souhaitant venir travailler en Région flamande. "Au travers des exemples analysés dans les pays étrangers, nous remarquons qu'il est important de mettre à disposition à l'avance une partie des aides financières afin d'éviter les problèmes de liquidités", continue-t-il, évoquant des frais moyens de 1 165 euros pour un travailleur qui déménageait en Allemagne, et jusqu'à 1 800 euros en Australie. Sur cette base "un montant de 2 000 euros maximum nous semble raisonnable", avec possibilité d'ajustement lors de l'évaluation de la mesure.

Une petite "tape dans le dos" pour convaincre les travailleurs prêts à franchir le pas vers la Flandre. "En renforçant la mobilité interrégionale, nous pouvons réaliser une triple opération gagnante : proposer un job durable aux chercheurs d'emploi concernés, permettre aux employeurs de remplir un poste vacant, et permettre à la sécurité sociale de réduire ses pertes tout en augmentant ses gains", conclut-il.