Avec les quotas, quatre fois plus de femmes sont intégrées dans les CA depuis 2008

Si l'approche contraignante des quotas est souvent décriée, certains craignant qu'elle ne nuise à leurs libertés, force est de constater qu'elle atteint son objectif.

La Libre Eco avec Belga
Si les femmes gagnent leur place au sein des CA, elles se heurtent toutefois encore au plafond de verre, alors que seules 5,6 % des entreprises avaient une femme à la tête de leur conseil d'administration.
Si les femmes gagnent leur place au sein des CA, elles se heurtent toutefois encore au plafond de verre, alors que seules 5,6 % des entreprises avaient une femme à la tête de leur conseil d'administration. ©Shutterstock

Entre 2008 et 2020, la proportion de femmes au sein de conseils d'administration dans les entreprises privées et publiques a quadruplé, indique jeudi l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH). Ainsi, en 2008, on ne comptait que 8,3 % de femmes dans les CA des entreprises privées et publiques en Belgique. Douze ans plus tard, la proportion est montée à 34,1 %, selon une analyse de l'IEFH. "Mieux encore : en 2020, 98,2 % des entreprises étaient conformes à la Loi Quotas", se réjouit l'institut.

"De nombreuses études montrent que la diversité de genre au sein des organes décisionnels a un impact positif sur les performances de l'entreprise et sur la gouvernance", relève, dans un communiqué, le directeur de l'IEFH, Michel Pasteel.

Si les femmes gagnent leur place au sein des CA, elles se heurtent toutefois encore au plafond de verre, alors que seules 5,6 % des entreprises avaient une femme à la tête de leur conseil d'administration.

Bonnet d'âne pour les entreprises privées

L'efficacité des quotas transparaît d'autant plus lors de la comparaison avec les comités de direction, qui ne sont pas soumis à la loi. Sans obligation de résultat en termes de diversité de genre, ils restent très masculins : la représentation des femmes dans ces organes n'était que de 14,8 % en 2020, une proportion qui stagne (14,5 % en 2017).

Ce maigre bulletin est cependant à nuancer selon les entreprises. Celles publiques autonomes font ainsi office de meilleures élèves, avec 30 % de femmes membres du comité de direction en 2020, contre 18,4 % en 2017. Les entreprises privées cotées obtiennent, elles, un bonnet d'âne alors que la proportion de femmes dans leur comité de direction a baissé, de 14,2 % en 2017 à 13,9 % en 2020.

Diriger une entreprise semble rester inaccessible aux femmes : elles n'étaient que 4,5 % au poste de CEO en 2020.

L'IEFH plaide donc pour l'élargissement des quotas pour que les femmes puissent accéder aux postes qui restent hors de leur portée.