La baisse des allocations de chômage ne pousse pas le retour à l'emploi, selon l'OCDE

La baisse des allocations de chômage ne produit pas l'effet escompté de ramener les chômeurs vers l'emploi, selon une étude de l'OCDE dont fait état De Morgen mardi.

La Libre Eco avec Belga
La baisse des allocations de chômage ne pousse pas le retour à l'emploi, selon l'OCDE
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La dégressivité des allocations de chômage ne produit pas l'effet escompté de ramener les chômeurs vers l'emploi, selon une étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dont fait état De Morgen mardi. En 2012, il a été décidé d'augmenter légèrement les allocations de chômage, puis de les réduire progressivement afin d'inciter les personnes sans emploi à retrouver du travail.

Mais dix ans après, l'objectif n'est pas atteint, selon une étude de l'OCDE : "Rien n'indique un transfert des allocations vers le travail depuis la réforme." L'organisation conclut que réduire encore davantage les prestations aurait peu d'effet supplémentaire.

À l'époque, la réforme avait suscité d'âpres discussions au sein du gouvernement Di Rupo, composé d'une coalition de libéraux, de socialistes et de chrétiens-démocrates. Pour le PS en particulier, la baisse des allocations de chômage avait été dure à avaler. La crainte que cette modification n'active pas suffisamment de personnes était présente depuis un certain temps. C'est pourquoi le gouvernement Michel avait voulu renforcer la dégressivité. Cette mesure est restée lettre morte en raison de la chute prématurée du gouvernement.

Pour l'OCDE, à elle seule, cette réduction supplémentaire des prestations n'aurait cependant eu que peu d'effet supplémentaire.

"Le système est beaucoup trop complexe"

Le professeur Wim Van Lancker, interrogé dans De Morgen, proposait de mettre fin à ce système. Pour l'Open VLD, il n'en est pas question. Il n'est pas non plus correct de conclure que la dégressivité ne fonctionne pas, estime la députée libérale Tania De Jonge. Elle préconise une évaluation critique de la situation. "Le système actuel était une première étape. Cependant, nous constatons que la dégressivité se fait par trop petits pas et s'étale trop longtemps dans le temps. En outre, et c'est là un problème, le système est beaucoup trop complexe."

"Les résultats de cette étude ne me surprennent pas du tout", a, de son côté, réagi le ministre de l'Economie Pierre-Yves Dermagne (PS). "Nous avons besoin d'une politique de l'emploi qui favorise l'accompagnement vers le travail. Je pense au développement de l'économie sociale ou à l'accompagnement des demandeurs d'emploi par les Régions. La formation est également cruciale, car des travailleurs mieux formés retrouvent plus rapidement du travail."

Le socialiste rappelle que la réforme du marché du travail, finalisée ce mois-ci, a introduit un droit individuel à la formation de cinq jours. "En outre, en tant que ministre fédéral de l'Emploi, j'ai pris des mesures pour unir mes forces à celles des Régions pour l'activation des demandeurs d'emploi."