Le Conseil supérieur de l'emploi exprime "un sentiment d'urgence" : la pénurie est "préoccupante"

Il faudra davantage d'efforts pour parvenir à l'objectif d'un taux d'emploi de 80 % d'ici 2030, alerte lundi le Conseil supérieur de l'emploi dans son nouveau rapport.

La Libre Eco avec Belga
Les entreprises peinent à recruter et souffrent de l'inflation ainsi que de l'indexation automatique des salaires.
Les entreprises peinent à recruter et souffrent de l'inflation ainsi que de l'indexation automatique des salaires. ©Shutterstock

Il faudra davantage d'efforts pour parvenir à l'objectif d'un taux d'emploi de 80 % d'ici 2030, alerte lundi le Conseil supérieur de l'emploi dans son nouveau rapport. L'organe consultatif - composé notamment d'experts et de représentants des Régions - estime qu'une série de problèmes doivent être rapidement réglés. "Nous voulons exprimer un sentiment d'urgence", insiste le vice-président du Conseil, l'ancien ministre Steven Vanackere.

Les défis sont nombreux. La pénurie de forces vives sur le marché de l'emploi est ainsi jugée "préoccupante". Avec un taux de vacance de 5,5 %, la Belgique affiche un taux largement supérieur à la moyenne européenne.

Les entreprises peinent à recruter et souffrent de l'inflation ainsi que de l'indexation automatique des salaires, pointe le Conseil. En conséquence, l'augmentation des postes va diminuer en 2023 et 2024.

Vers un taux d'emploi à 73,5 %

Les actifs sur le marché du travail sont structurellement trop peu nombreux, poursuit M. Vanackere. A ce rythme, l'objectif d'un taux d'emploi de 80 % en 2030 ne sera pas atteint. Pour cela, 640.000 emplois devraient être créés. Selon le Conseil, de 70 % actuellement, la Belgique parviendrait seulement à 73,5 % en 2027. "Même en donnant un travail à tous les demandeurs d'emploi, on n'arriverait pas à 80 %. Il faut donc mobiliser les inactifs", plaide l'ancien ministre.

La marge de progression est plus importante parmi les étrangers hors-UE ainsi que chez les 55-64 ans, et particulièrement du côté des faiblement diplômés, affirme le Conseil.

Pour améliorer la situation, l'organe formule plusieurs recommandations: une réforme immédiate des charges sur le travail afin de rendre ce dernier plus attractif, davantage de structures d'accueil de qualité pour les enfants, pour permettre aux mères de continuer leur carrière plus facilement, une réorientation des femmes vers les filières scientifiques et technologiques ou encore un renforcement de la formation continue.

L'organe souligne cependant que la crise sanitaire a été mieux traversée que prévu. Le nombre de chômeurs (433.000) est au plus bas depuis le début des années 90 tandis que les travailleurs (5,13 millions) n'ont jamais été si nombreux.