"TikTok m'a coûté mon job": une jeune femme se fait virer après un post sur le réseau social

Est-ce que pareille mésaventure pourrait arriver en Belgique?

J.F.
"TikTok m'a coûté mon job": une jeune femme se fait virer après un post sur le réseau social
©dr

Lexi Larson est une jeune Américaine particulièrement active sur TikTok. La jeune femme y partage énormément d'aspects de sa vie, dont ceux liés à son travail. En juin dernier, elle a fait une vidéo dans laquelle elle expliquait avoir changé de travail et avoir eu une belle augmentation. Elle est en effet passée d'un job avec un salaire de 70.000 dollars par an à un travail à 90.000 dollars annuels. Fière d'elle, elle a publié plusieurs autres vidéos où elle expliquait comment elle avait fait pour décrocher le poste. Malheureusement pour elle, ces capsules n'ont pas été du goût de son nouveau patron.

Comme elle l'explique dans une autre vidéo, elle a été convoquée environ deux semaines après avoir publié la première vidéo. Aux Etats-Unis, une loi fédérale protège pourtant les employés qui discutent de leur salaire, mais cela n'a pas suffi. Même si elle a supprimé certaines vidéos, son employeur semblait contrarié. "Ils n'ont vraiment pas aimé", a-t-elle confirmé dans une autre vidéo repérée par Business Insider.

Pour justifier son licenciement, son nouvel employeur lui a expliqué que son compte constituait "un problème de sécurité" car elle risquait de partager des "choses privées liées à l'entreprise". Ils ont convenu que ce n'était pas encore arrivé à ce stade "mais que ça pouvait arriver à tout moment", ce qui était inquiétant. "TikTok m'a coûté mon job", a conclu la jeune femme de 25 ans, qui a finalement été réembauchée à son ancien travail.

Selon Bennitta Joseph, une avocate du travail interrogée par USA Today, une entreprise peut vérifier que "vous ne divulguez pas de secrets commerciaux, ne faites pas de menaces et que vous n'avez pas de comportements illégaux sur les réseaux sociaux. S'ils découvrent que vous faites l'une de ces choses, cela pourrait constituer un motif de licenciement."

Et en Belgique?

En Belgique aussi, les employés peuvent subir des sanctions pour leurs publications sur les réseaux sociaux. Comme l'explique Securex, le travailleur peut émettre des critiques par rapport à son employeur mais ces critiques ne peuvent pas être insultantes. "La critique ne peut par ailleurs pas être trop divulguée, afin de ne pas nuire à l'image de l'entreprise ou de ne pas miner ou porter préjudice à l'autorité de l'employeur. Le travailleur ne pas non plus rendre publics des secrets de fabrique ou d'affaires, au vu de son obligation de discrétion vis-à-vis de l'employeur. Enfin, il faut tenir compte de l'accessibilité des déclarations du travailleur. A-t-il réellement eu l'intention de rendre celles-ci 'publiques' sur un blog ou facebook?"

S'il publie des informations professionnelles importantes ou sensibles, même en dehors de ses heures de travail, le travailleur pourrait être licencié. "Il y a une jurisprudence", prévient l'Autorité de protection des données. Si l'affaire est portée devant la justice, "les cours et tribunaux procèderont à une analyse détaillée des circonstances avant de se prononcer", conclut Securex. Ils pourront donc approuver ou non les mesures prises par l'employeur.