L'inclusion sur le lieu de travail ? "Clairement, nous n'y sommes pas encore"

L'origine ethnique et le handicap sont des facteurs importants lorsqu'il est question d'inclusion.

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L'inclusion est un concept complexe car il est extrêmement subjectif.
L'inclusion est un concept complexe car il est extrêmement subjectif. ©Shutterstock

Les travailleurs en situation de handicap, issus d'une minorité ethnique ou ayant reçu une formation à orientation pratique sont encore 41 % à percevoir un niveau d'inclusion faible à modéré, révèle une enquête d'IDEWE, le service externe pour la prévention et la protection au travail. A contrario, 59 % des répondants ont déclaré recevoir un niveau élevé d'inclusion.

"Sur un marché du travail moderne, qui vise un bien-être maximal pour les travailleurs, tous les acteurs doivent avoir la même ambition : l'inclusion doit devenir la norme. Clairement, nous n'y sommes pas encore", estime Sofie Vandenbroeck, responsable du département Knowledge, Information and Research chez IDEWE.

Du chemin à faire

En effet, quelque 57 % des répondants qui se définissent comme appartenant à une minorité ethnique ont déclaré percevoir un niveau d’inclusion faible à modéré (contre 41 % des personnes du groupe ethnique majoritaire). Le pourcentage grimpe jusqu’à 64 % chez les répondants atteints d’un handicap (contre 40 % des personnes sans handicap) et s’établit à 48 % chez les personnes ayant suivi une formation courte (contre 39 % des personnes ayant suivi une formation longue).

"À cette nuance près que les deux premiers groupes ne représentent qu'une fraction très limitée des répondants, ce qui fait que les pourcentages ne peuvent pas être pris trop au pied de la lettre, confie toutefois Sofie Vandenbroeck. Cela dit, ils indiquent au moins que l'origine ethnique et le handicap sont des facteurs importants lorsqu'il est question d'inclusion. C'est regrettable, car ces aspects individuels ne devraient avoir aucune espèce d'influence sur le bien-être au travail."

L'inclusion sur le lieu de travail ? "Clairement, nous n'y sommes pas encore"
©IDEWE

Culture d'entreprise

L'inclusion est un concept complexe car il est "extrêmement subjectif", explique IDEWE. En effet, l'inclusion comporte deux composantes spécifiques : le sentiment de pouvoir être soi-même ("authenticity"), le sentiment d'appartenance et le fait de se sentir bien au sein d'un groupe ("belonging").

L'enquête stipule également que l'inclusion sur le lieu du travail est principalement encouragée par la participation, l'implication du supérieur hiérarchique, la communication interne et la présence de procédures correctes et cohérentes. Des aspects intrinsèquement liés à la culture d'entreprise au sens large.

L'inclusion sur le lieu de travail ? "Clairement, nous n'y sommes pas encore"
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"Les répondants qui perçoivent un niveau élevé d'inclusion exécutent davantage de tâches collégiales, montrent un plus grand degré d'engagement, d'employee ambassadorship et d'intention de rester, et ressentent moins de stress, ajoute IDEWE. Ce qui est positif, c'est qu'il n'existe pas d'écart significatif dans l'échantillon entre les répondants hommes et femmes, ni entre les répondants d'âges différents."