Emploi / RH

L'introduction d'accises sur le kérosène consommé par le secteur aérien ferait baisser le trafic aérien et la pollution, sans affecter l'emploi global et le PIB, ressort-il d'une étude de la Commission européenne non publiée, mais citée par l'ONG Transport & Environnement (T&E) dans Le Soir lundi.

La Belgique fait partie des douze pays européens qui ne taxent pas du tout le transport aérien, mais le gouvernement a récemment soutenu une initiative néerlandaise visant à une "tarification juste et correcte du transport aérien au regard de son impact sur l'environnement".

Selon l'étude réalisée il y a un an par deux sociétés de consultance pour la Commission européenne, dans le scénario d'une taxation du kérosène (accises de 330 euros/1.000 l), le prix moyen d'un ticket augmenterait de 10% et le nombre de passagers et de vols diminuerait de 11%. L'emploi et la valeur ajoutée du secteur aérien chuteraient aussi de 11%, sans impact toutefois sur l'emploi global ou le PIB. "L'impact négatif sur l'emploi dans le secteur aérien et ses fournisseurs est effacé par l'impact positif sur les autres secteurs résultant d'une hausse des recettes fiscales, qui peut entraîner soit une augmentation des dépenses publiques, soit une baisse des autres taxes et une hausse de la consommation", constate l'étude.

Pour Bill Hemmings, directeur Aviation chez T&E, "ce n'est pas la réponse que la Commission voulait entendre". Et c'est ce qui expliquerait pourquoi elle tarde à publier les résultats. "L'étude casse le mythe créé par l'industrie selon lequel l'économie serait irrémédiablement endommagée" par la taxation du carburant aérien, pointe T&E. Surtout, souligne l'ONG, le scénario des accises sur le kérosène entraînerait une baisse de 11% des émissions de CO2 (- 16,4 millions de tonnes) et de 8% des personnes affectées par les nuisances sonores. Ce qui fait dire à Bill Hemmings qu'"il faut mettre fin à l'exonération fiscale sur le kérosène".