A 17 ans, Romain Hault a déjà une idée précise de ce qu’il veut faire. Même s’il hésite encore entre des études commerciales ou d’ingénieur, son projet de vie est de créer un studio de création de jeux vidéo. Il s’y emploie dès à présent, alors qu’il vient tout juste d’entrer en rhéto, à Jupille. Ce qui le distingue de tous les autres jeunes qui ont le même rêve ? Déjà deux jeux à son actif et, surtout, une entrée au VentureLab, l’accélérateur pour étudiants-entrepreneurs de HEC ULg, pourtant réservé en principe aux étudiants du supérieur.

Sa candidature a été acceptée en raison de "réelles compétences entrepreneuriales", souligne Sophie Joris, directrice du VentureLab. Ce que confirme son coach, Olivier de Wasseige : "Romain a une forte personnalité, une envie évidente d’entreprendre et des capacités techniques incroyables" .

Son but en entrant au VentureLab : fonder sa start-up, Kiwert Game Studio. "Acquérir l’expérience professionnelle qui manque à mon âge, les compétences nécessaires en termes de plan financier, de gestion de problèmes. Avant d’intégrer le VentureLab, j’avais juste publié un jeu. Je voulais aller plus loin mais ne savais pas vraiment comment m’y prendre."

Il veut faire de Kiwert un studio de développement de "jeux addictifs pour tablette, destinés à un public jeune et connecté". Rythme de production ? D’enfer : "Un par mois." Et il dit pouvoir soutenir le rythme, études ou pas. "J’ai mis sept mois à développer mon premier jeu parce que je n’y connaissais rien. Aujourd’hui, dix ou 20 jours suffisent. L’avantage, c’est que Kiwert ne sera jamais à court d’idées puisque éditant aussi celles des autres."

En effet, outre la conception, édition et promotion de ses propres jeux, Kiwert fera de même avec ceux d’autres auteurs, qu’il s’agisse de développeurs qui cherchent un éditeur ou de personnes ayant une idée de jeu mais manquant des compétences ou du matériel nécessaires. Kiwert leur proposera un contrat, développera le jeu et en fera la promotion.

Dans un premier temps, Kiwert se focalisera sur les petits jeux addictifs éphémères. Un moyen "d’acquérir de l’expérience". Plus tard viendront des jeux 3D, plus costauds, visant d’autres plates-formes. Romain a déjà convaincu un de ses amis de classe de faire équipe avec lui pour développer le site, et se dit convaincu de la viabilité d’un studio centré sur les jeux éphémères : "Tout dépend de la promo. Mais ils sont rentables parce que joués régulièrement, remplacés par d’autres. En développer un par mois est aussi porteur que d’en développer un gros sur trois ans."

Le modèle ? Du "freemium" : jeux gratuits, options payantes. Avec aussi un support publicitaire. Distillé avec modération : toutes les cinq parties…