Les intérêts notionnels ont rapporté, au cours de l'année comptable 2007, une réduction d'impôt de 17 millions d'euros à la Banque nationale de Belgique, selon le compte annuel qui sera publié prochainement et sur lequel le député sp.a Dirk Van der Maelen a pu mettre la main, écrit mardi le quotidien De Morgen.

Le gouvernement fédéral avait demandé à la Banque nationale d'évaluer l'impact de la mesure fiscale que représentent les intérêts notionnels. "Didier Reynders m'a défié de lui citer un exemple d'entreprise qui aurait abusé des intérêts notionnels. Eh bien, le voici", a indiqué M. Van der Maelen. "La Banque a empoché 17 millions d'euros, sans investir un euro ou en créant des emplois supplémentaires", a expliqué le député.

Le ministre des Finances Didier Reynders a défendu ce régime fiscal en affirmant qu'il pousse à l'investissement, ce qui engendre une création d'emplois. "Les intérêts notionnels auraient pu être limités aux entreprises qui réussissent afin de conserver une somme d'argent pour les pensions et les salaires les plus bas", argumente M. Van der Maelen.

Le vice-gouverneur de la Banque nationale, Luc Coene, a assuré ne pas être au courant de ces chiffres, mais il a confirmé que la Banque nationale avait utilisé les intérêts notionnels. Interrogé mardi sur les ondes de la RTBF, le gouverneur de la Banque nationale, Guy Quaden, n'a pour sa part ni confirmé ni infirmé l'information. "La Banque nationale aura recours" au mécanisme des intérêts notionnels "comme toute autre entreprise, avec une grande modération", a-t-il seulement indiqué. "Notre intention n'est évidemment pas de vider les caisses de l'Etat", a-t-il souligné.