Canal+ Belgique: Weekers remporte une manche

REBONDISSEMENT

Daniel Weekers, président fondateur de Canal+ Belgique (aujourd'hui la propriété à 100 pc du Groupe Canal+), vient de remporter une manche dans la bataille juridique qui l'oppose son employeur. Il vient en effet d'obtenir gain de cause dans le cadre de l'action en référé introduite auprès du Tribunal de commerce de Bruxelles. Ce dernier, par l'entremise de sa vice-présidente Francine De Tandt, a en effet suspendu hier matin l'assemblée générale vendredi après-midi et dont l'un des points à l'ordre du jour était la révocation de Daniel Weekers et de Philippe Lhomme, administrateur de la chaîne cryptée belge. Autre victoire du tandem de Deficom: la suspension de l'audit actuellement en cours dans les locaux de Canal+ Belgique à l'initiative du Groupe Canal+. Un audit aux méthodes douteuses pour certains et qui provoque visiblement un certain malaise au sein de la filiale belge. Certains vont même jusqu'à dire que cet audit est destiné à décrédibiliser le duo de Deficom et faire pression sur lui pour qu'il cède dans le dossier Canal+ Pologne. On le sait, Deficom a intenté une action en justice contre le Groupe Canal+ auquel il reproche de ne pas avoir respecté ses engagements portant sur le rachat d'une participation détenue par Deficom dans la société néerlandaise Polish Pay TV, dont le principal actif est une participation dans Canal+ Pologne.

mais Paris va en appel

A Paris, on jure cependant que les deux événements ne sont pas liés. Mais dans son ordonnance en référé, la vice-présidente du Tribunal de commerce est sévère, estimant que les décisions prises lors des conseils d'administration du 14 mars dernier par les administrateurs de Canal+ Belgique qui se sont dissociés de MM. Weekers et Lhomme étaient «irrégulières dans leur forme» et constituent un «détournement de pouvoir manifeste et porte atteinte à l'intérêt social de l'entreprise». Concrètement, un mandataire ad hoc (Daniel Tondreau) a été désigné. Sa mission: dresser un rapport de la situation au sein de Canal+ Belgique. Il pourra également, s'il le juge nécessaire, faire procéder à un audit (au frais du Groupe Canal+!) par Jean-François Cats, réviseur d'entreprises, et convoquer un conseil d'administration et le cas échéant une assemblée générale en vue de faire rapport sur sa mission. Inutile de préciser que le Groupe Canal+ a fait appel. Le feuilleton est donc loin d'être terminé (V. S.)

© La Libre Belgique 2001