Nouvelle tuile pour Sabena

Les avions de la Sabena seront-ils cloués au sol mardi? Si c'est le cas, ce ne sera pas en raison d'une grève. En cause cette fois: la hausse brutale des primes d'assurances à laquelle est confrontée la compagnie belge, au même titre que les autres compagnies européennes, depuis les attentats aux Etats-Unis

Les avions de la Sabena seront-ils cloués au sol mardi? Si c'est le cas, ce ne sera pas en raison d'une grève. En cause cette fois: la hausse brutale des primes d'assurances à laquelle est confrontée la compagnie belge, au même titre que les autres compagnies européennes, depuis les attentats aux Etats-Unis. Les grands groupes d'assurance ont en effet décrété que, dès mardi, ils réduiraient leur couverture sur les risques de guerre, et plus particulièrement celle concernant les dommages que pourraient subir les passagers ou les tiers à cause d'un acte de guerre ou de terrorisme sur ses avions. Cette couverture passera de 2 milliards de dollars à 50 millions de dollars. Une mesure qui pourrait empêcher la Sabena de survoler certains pays ou d'utiliser certains avions en leasing de sa flotte, les sociétés propriétaires estimant les risques trop grands. Quant aux primes d'assurances par passager, celles-ci vont être multipliées par 10 en cas de risque de guerre ou d'actes terroristes commis sur des avions. Cela représente pour la compagnie belge, toujours proche de la faillite, un surcoût de 14,83 millions (près de 600 millions de BEF). Dans ces conditions, la Sabena a annoncé qu'elle serait peut-être contrainte de suspendre ses vols mardi. Pour tenter de sortir de l'impasse, la direction a sollicité, hier, l'intervention du gouvernement. Le problème sera abordé durant l'Ecofin de ce week-end. La Sabena et le gouvernement feront le point sur la situation dimanche soir. C'est aussi pour dimanche à 16 heures que Christoph Müller, le CEO de la compagnie espère arriver à un accord social sur son plan de restructuration. Les négociations avec les syndicats ont débuté, hier, toujours sans les pilotes. (S. Vdd.)

TECHNOLOGIES VOCALES

Concordat sous conditions pour L&H

Le tribunal de commerce de Ypres a approuvé, sous conditions, hier, le plan de restructuration de L&H. L'entreprise de technologies vocales a définitivement obtenu un concordat d'une durée de 9 mois, soit jusqu'au 21 juin 2002. Parmi les conditions posées par le tribunal figure l'obligation de maintenir « à long terme une activité économique et un emploi substantiel » en Belgique. La justice souhaite également éviter que la vente d'actifs (comme celle de Mendez ou de Powerscribe) soit utilisée pour le paiement du plan de restructuration ou de conseillers externes. A cette fin, le juge a décidé que 80 pc des recettes de ces ventes seront affectées à l'épuration de la dette. Dernière condition: le conseil d'administration de L&H devra se réunir, dès le 9 octobre, un mardi sur deux, en présence des commissaires désignés par le tribunal. Le conseil d'entreprise sera informé endéans les 48 h. Quant à Philippe Bodson, il reste aux commandes. Celui-ci s'est déclaré « satisfait». (BELGA)

© La Libre Belgique 2001

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