Un message rassurant

Les ministres des Finances des Quinze s'attendent à une baisse de la croissance. Mais pour l'instant, aucune mesure n'a été annoncée

PATRICE de LAMINNE

Les ministres des Finances des Quinze se sont retrouvés hier au Palais des Congrès pour évoquer les conséquences des attentats aux Etats-Unis sur l'économie européenne.

Le message qu'ont tenu à faire passer les grands argentiers de l'Union européenne est très clair: «L'économie européenne repose sur des bases solides.»

Certes, la croissance sera affectée «nous serons nettement en dessous de 2 pc» a même affirmé le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pedro Solbes.

Toutefois, les ministres se disent convaincus que «l'économie de l'UE est aujourd'hui en meilleure position pour affronter les fluctuations (économiques) cycliques.» Dès lors, ils réaffirment leur «engagement envers le cadre, les règles et l'application entière du Pacte de croissance et de stabilité». Didier Reynders, qui préside l'Eurogroupe, a à cet égard rappelé que «des mesures ont déjà été prises», notamment en matière de consolidation budgétaire et que ces mesures «sont en train de produire leurs effets». Il s'agit d'un «message de confiance dans ce qui a été réalisé et dans la volonté de poursuivre dans la même voie», a-t-il martelé.

Dans leur communiqué, les ministres se sont également félicité des initiatives prises en commun des deux côtés de l'Atlantique pour assurer le bon fonctionnement des marchés financiers. Ils se sont toutefois dit conscients que la coordination en la matière devait encore être renforcée. Tant au sein de l'Union européenne qu'au niveau mondial.

Par ailleurs, Didier Reynders a salué les engagements de l'Opep en faveur d'une stabilisation du prix du pétrole. «Il est dans l'intérêt et des uns et des autres d'avoir des prix pétroliers stabilisés, si possible à un niveau un peu plus bas», a précisé le ministre.

Dans un communiqué à destination du sommet extraordinaire de Bruxelles qui se tenait au même moment, les ministres des Finances s'engagent à stimuler leur lutte contre le blanchiment de l'argent, une des sources du financement du terrorisme, en adoptant rapidement une directive sur ce dossier. Ils souhaitent également étendre les compétences du Groupe d'action contre la fraude financière (Gafi) aux questions liées au terrorisme.

Ils envisagent des sanctions contre les paradis fiscaux qui refusent de collaborer avec l'UE et s'engagent à geler les avoirs des présumés terroristes sur leur territoire.

© La Libre Belgique 2001

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