Contestation sur un rythme de fête

PAR PHILIPPE LAWSON
Contestation sur un rythme de fête
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REPORTAGE

Samedi, il était environ 14 h 30 quand les manifestants de la marche de contestation contre une certaine forme d'Europe se sont élancés de la place du Marché à Liège - en face de l'Hôtel de ville - pour rejoindre «Les terrasses», situées en face du Palais des Congrès où se réunissaient les ministres européens des Finances. «Nous voulons montrer aux ministres européens qu'il y a une voix contestataire radicale contre l'Europe actuelle. Le but n'est pas d'apporter de petites retouches, mais de changer les choses en profondeur. L'Europe actuelle est antidémocratique, antisociale et non pacifiste», explique Raoul Hedbouw, coordinateur de l'association «S 22 vers D 14» qui regroupe une trentaine d'organisations essentiellement d'extrême-gauche.

Sur les banderoles sont inscrits différents messages revendiquant une «Europe égalitaire, solidaire et démocratique» ou encore une «Europe plus sociale et non du capital».

DES POSTIERS SONT DE LA PARTIE

Usant de porte-voix, les organisateurs exaltent la foule par des slogans. Sur le parcours, aucun incident à déplorer. Les organisateurs veillent au grain pour éviter tout débordement. Et pourtant la manifestation avait suscité pas mal d'appréhensions de la part des autorités communales, car les manifestants de samedi sont plus radicaux que les syndicats et ONG qui avaient manifesté la veille. Par moments, les manifestants, pour la plupart des jeunes, observent un temps d'arrêt pour s'adonner à l'une ou l'autre démonstration folklorique.

Mais la détermination n'est guère émoussée. «Le mouvement anti-mondialisation ne fait que naître en Belgique et il va s'accentuer»

Martèle un manifestant. «Les mesures prises par l'Europe ont des incidences sur les services publics. Le libéralisme avec la libre concurrence, c'est bien beau, mais la Poste va perdre 13 000 agents. La conséquence, c'est que les usagers auront des services de moins bonne qualité», renchérit Patrice D'Haudcourt, facteur à Ixelles, brandissant sa pancarte. Même si elles sont présentes, les forces de l'ordre jouent la carte de la discrétion. En fin de parcours, les manifestants ont observé une minute de silence en mémoire des victimes des attentats du 11 septembre aux USA et des 35 000 victimes de malnutrition, mortes le même jour dans le monde «à cause du système capitaliste».

© La Libre Belgique 2001