Plan de restructuration draconien chez Swissair

Au menu: 3 000 suppressions d'emplois chez Gate Gourmet, l'intégration des deux compagnies Swissair et Crossair, une réduction de 25 pc des vols long-courrier et une recapitalisation de la compagnie qui s'annonce des plus délicates.

AFP

Le groupe suisse Swissair, qui se retrouve le dos au mur après une succession de déboires financiers, supprime au moins 3 000 emplois et a décidé de se reléguer en deuxième division en se concentrant désormais sur l'Europe, ainsi que sur quelques liaisons long-courrier rentables.

Les emplois sont supprimés immédiatement chez Gate Gourmet, sa filiale active dans la restauration. Cela concerne 3 000 emplois représentant 10 pc des effectifs, surtout aux Etats-Unis.

Swissair va aussi réduire ses vols long-courrier de 25 pc d'ici 2004 et supprimer également des emplois dans ce secteur.

En outre, sous le nom de Swiss Air Lines, le groupe a décidé de réunir sous une même société les deux compagnies, soit Swissair et Crossair, pour faire des économies de coûts. Les deux compagnies continueront cependant à fonctionner sous ces deux marques. «Les deux marques sont connues et sont maintenues», a déclaré un porte-parole de Swissair. Dès l'annonce des principales dispositions de ce plan, le cours de l'action Swissair, en chute libre à la Bourse suisse, a brusquement rebondi lundi matin. L'action a clôturé la séance sur un gain de 15 pc. Par ailleurs, le groupe est en train de mettre au point un plan de recapitalisation qui porte sur un montant compris entre 2 et 3 milliards de FS (entre 1,36 et 2 milliards d'euros). Un groupe de travail a été mis en place, réunissant des représentants du gouvernement, de la direction de Swissair et des banques. Ce groupe de travail est présidé par l'homme d'affaires Ulrich Bremi, ancien parlementaire, et présentera le résultat de ses réflexions le 10 octobre. La question de la recapitalisation de Swissair est délicate pour le gouvernement suisse, qui ne peut pas apporter une aide financière à une entreprise privée. La semaine dernière, le ministre suisse de l'Economie Pascal Couchepin avait cependant laissé entendre qu'une telle aide était envisageable, si d'autres pays soutenaient également leurs compagnies nationales.

Autre mesure: le management de Swissair resserre les rangs et ne compte plus que 6 personnes.

Les attentats du 11 septembre ont en fait été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de Swissair, déjà au bord de la faillite, en raison d'un endettement record de 15 milliards de FS (10 milliards d'euros). Ces attentats ont coûté plus de 65 millions de FS de chiffre d'affaires à la compagnie, du fait des annulations de vols.

En outre, Swissair est également sous la menace d'une hausse sensible des primes d'assurances, comme les autres compagnies européennes. Des négociations sont en cours et devraient être bouclées avant lundi minuit, a indiqué un porte-parole de la compagnie. Si aucun accord ne devait être trouvé d'ici là, Swissair a menacé de laisser ses avions au sol à partir de mardi. «Nous ne devrions pas en arriver là», a-t-on indiqué auprès de la compagnie.

Cela fait à présent des mois que Swissair se débat dans une crise sans précédent, qui a commencé au début de l'année 2000 par la démission de son pdg Philippe Bruggisser, à l'origine de la stratégie d'expansion à l'étranger du groupe, qui devait le conduire au bord de la faillite. En 2000, Swissair a déclaré une perte historique de 2,9 milliards de FS (1,90 milliard d'euros ou 77 milliards de BEF). Le groupe s'est depuis débarrassé de son pôle français (AOM-Air Liberté et Air Littoral) et a refusé d'augmenter sa participation chez Sabena, la compagnie belge. (D'après AFP)