Sabena: le conciliateur à pied d'oeuvre

Après l'échec ce week-end des négociations sociales entre la direction et les syndicats de la Sabena, le conciliateur social désigné par le gouvernement s'est directement mis au travail, lundi.

S. Vdd.
Sabena: le conciliateur à pied d'oeuvre
©BELGA

Après l'échec ce week-end des négociations sociales entre la direction et les syndicats de la Sabena, le conciliateur social désigné par le gouvernement s'est directement mis au travail, lundi. Tour à tour, il a donc reçu, hier après-midi, la direction de la compagnie, les organisations syndicales et les représentants des pilotes pour tenter de rapprocher les positions des différentes parties sur les modalités du volet social lié au plan de restructuration de Christoph Müller. Pour mémoire, les syndicats avaient proposé, ce week-end, des mesures visant à éviter des licenciements secs, comme la prépension à partir de 50 ans mais la direction les a jugées trop coûteuses. De leur côté, les pilotes se sont également dits prêts à voler gratuitement vers Tokyo et Washington, deux destinations que la Sabena veut supprimer. Mais la direction a aussi dit non.

SWISSAIR TIENDRA-T-IL PAROLE?

Après avoir entendu les différents points de vue, le conciliateur social Roger Van den Heule a convoqué, hier dans la soirée, à la demande de la direction de la Sabena, une réunion de la Commission paritaire. Il était question que la direction propose d'organiser un référendum au sein du personnel de la Sabena. Mais les syndicats se disaient sceptiques quant à une telle piste. «Il faut voir sur quoi et selon quelles modalités porterait un tel référendum»,

précisait Freddy Tack de la CGSP avant cette réunion.

De son côté, le ministre des Entreprises publiques Rik Daems a répété, hier, que le gouvernement n'injecterait pas d'argent supplémentaire pour financer le plan social. On le sait, les deux actionnaires, le gouvernement belge et Swissair se sont engagés à recapitaliser la compagnie à hauteur de 17 milliards, 60 pc de ce montant étant à charge de la compagnie suisse et les 40 pc restants à celle de l'Etat belge.

A ce sujet précisément, une autre menace plane sur l'avenir de la compagnie belge. Lundi, Swissair a en effet annoncé un vaste plan de restructuration (voir ci-dessous) et confirmé qu'il avait besoin d'une recapitalisation. Le groupe suisse tiendra-t-il ses engagements alors qu'une solution sur sa propre recapitalisation est loin d'être acquise? «A ce stade-ci, nous nous en tenons à l'ensemble de nos obligations, en ce compris celles vis-à-vis de la Sabena», nous a précisé le porte-parole de Swissair.

Enfin, une bonne nouvelle est tombée hier pour les usagers de la Sabena. Les avions de la compagnie voleront bel et bien ce mardi. Une solution a, en effet, été trouvée pour régler le problème de la hausse brutale des assurances en cas de guerre et d'actes terroristes à laquelle est confrontée la Sabena depuis les attentats survenus aux Etats-Unis. Le gouvernement suggère aux compagnies aériennes sous licence belge de résilier pour une période d'un mois la partie de leurs contrats d'assurance qui concerne les dommages subis par des tiers en cas de catastrophe aérienne résultant de fait de guerre ou de terrorisme et de verser à l'Etat les primes correspondantes ainsi que l'augmentation réclamée par les assureurs en échange d'une couverture par l'Etat qui sera identique à celle dont elles bénéficiaient avant les incidents. Voilà donc au moins un problème partiellement réglé pour la Sabena!