Rob, la perle rare de Carrefour en Belgique

En rachetant le groupe GB en juillet 2000, Carrefour a trouvé, dans la corbeille, un magasin unique en son genre: Rob. Contrairement à l'enseigne `à la boule rouge´ (Super GB, Maxi GB, Super GB Partner), le supermarché `haut de gamme´ était, lui, rentable quand le distributeur français a débarqué à la tête du premier groupe de distribution belge.

Rob, la perle rare de Carrefour en Belgique
©Marie Brisson
SANDRINE VANDENDOOREN

En rachetant le groupe GB en juillet 2000, Carrefour a trouvé, dans la corbeille, un magasin unique en son genre: Rob. Contrairement à l'enseigne `à la boule rouge´ (Super GB, Maxi GB, Super GB Partner), le supermarché `haut de gamme´ était, lui, rentable quand le distributeur français a débarqué à la tête du premier groupe de distribution belge. Daniel Bernard, le grand patron de Carrefour, s'est rendu en personne dans le magasin bruxellois pour juger sur pièce. `A sa sortie, il était convaincu que Carrefour devait garder Rob dans son giron, que ce serait bon pour son image en Belgique´, raconte Philippe Paques, le directeur général de Rob.

Depuis un an et demi, Rob est donc une filiale à 100 pc de Carrefour Belgium, avec la particularité qu'elle opère en électron libre. Rob est, en effet, une société anonyme qui dispose de ses propres services centraux et de ses entrepôts. Ceux-ci sont logés dans le même bâtiment qui abrite l'unique point de vente Rob, sis boulevard de la Woluwe à Bruxelles.

Le magasin Rob est souvent comparé au `Fauchon´ parisien ou à un petit Harrods car il propose sous un même toit un vaste assortiment d'épicerie fine et des rayons frais spécialisés (boucherie, poissonnerie, pâtisserie, cave à vin). `Mais contrairement à Harrods ou Fauchon, où le client paie sa commande à chaque comptoir, Rob reste un supermarché où le client paie sa facture à la caisse´, précise Philippe Paques.

Fondé par Robert Yerna, le premier Rob a ouvert ses portes en 1936 à Ixelles. En 1962, un deuxième magasin s'installe à Uccle. Et 10 ans plus tard, le troisième Rob prend ses quartiers à Woluwe-St-Pierre. Après avoir connu ses heures de gloire, le magasin de luxe commence à péricliter dans les années 80 et ses propriétaires cherchent un acquéreur. C'est ainsi qu'en 1989, Rob tombe dans l'escarcelle de GB. Le distributeur procède alors à une restructuration qui se solde par la fermeture des supermarchés d'Ixelles et d'Uccle. `Trois Rob pour Bruxelles, c'était beaucoup trop. Un seul supermarché haut de gamme pour 1,5 million de résidents bruxellois suffit quand on pense qu'il n'y a, à Paris, qu'un seul Fauchon pour 10 millions d'habitants´, observe Philippe Paques, placé en 1996, à la barre de la société.

`Rob était en perte depuis plus de 10 ans. J'ai eu carte blanche pour redresser l'enseigne´. Après trois ans (en 1999), Rob retrouve l'équilibre financier et depuis deux ans, la société a renoué avec les bénéfices. Son chiffre d'affaires a atteint, l'an dernier, les 20 millions d'euros (800 millions de francs), en hausse de 7 pc par rapport à 2000. `C'est la cinquième année consécutive que nos ventes progressent. Et la tendance se poursuit en ce début d'année´, souligne le directeur. Les effectifs sont à l'avenant: en 5 ans, ils sont passés de 110 à 145 personnes.

Comme tout le secteur du luxe, Rob a été touché par les événements du 11 septembre mais moins que les magasins de non-alimentaire. En revanche, le supermarché bruxellois profite des crises alimentaires. `On voit alors arriver de nouveaux clients qui ont besoin d'être rassurés sur la qualité de la nourriture´.

Le magasin propose un assortiment de 13 000 références qui fait la part belle aux spécialités. `Toutes les grandes maisons sont représentées chez Rob´, insiste M. Paques. Exemples: le rayon pâtisserie offre une sélection unique de grandes marques (Wittamer, Nihoul, Mahieu, etc.); la boucherie propose sept sortes de boeuf. `80 pc de nos ventes concernent des produits que l'on ne retrouve pas dans la grande distribution´, souligne M. Paques.

Bien évidemment, le luxe a un prix. `Rob est plus cher qu'un autre supermarché mais il offre des produits différents´. En plus de sa clientèle fidèle (personnes aisées d'un certain âge), l'enseigne attire de plus en plus de clients étrangers en poste dans la capitale.

L'arrivée de Carrefour a-t-elle modifié la donne? `Carrefour nous apporte une assistance sur le plan informatique (caisses enregistreuses et passage à l'euro) mais nous gardons une large autonomie´, répond M. Paques. Pour l'heure, Rob entend poursuivre son petit bonhomme de chemin, et notamment la rénovation de son magasin, entamée l'année dernière... Avec la bénédiction de Carrefour.

© La Libre Belgique 2002

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