Le plan d'Arcelor pour redéployer Liège

Sujet tabou il y a quelques mois en raison de la tension créée par l'annonce de la fin des hauts fourneaux, le redéploiement de Liège est aujourd'hui présent dans les discussions. Dans la foulée de la décision (24 janvier), Arcelor a commandé une étude sur le sujet à Mc Kinsey. Résultats : la réussite du redéploiement économique passe par 4 conditions. Il faut un plan ambitieux porté par des leaders de poids.

Ph. Law.
Le plan d'Arcelor pour redéployer Liège
©de Tessieres

Sujet tabou il y a quelques mois en raison de la tension créée par l'annonce de la fin des hauts fourneaux, le redéploiement de Liège est aujourd'hui présent dans les discussions. Dans la foulée de la décision (24 janvier), Arcelor a commandé une étude sur le sujet à Mc Kinsey.

Les conclusions sont aujourd'hui discutées avec des acteurs (syndicats, politiques, patrons, etc.). «Arcelor et Cockerill Sambre sont disposés à contribuer à la mise en place d'un projet ambitieux et crédible, aux côtés des acteurs de la région liégeoise», lit-on dans le texte de synthèse dont «La Libre» a eu connaissance. Après avoir comparé les clés du succès - mitigé ou total - d'expérience de reconversion en Allemagne (Wolfsburg, Dortmund), France (Lille), à Luxembourg (Belval) et aux USA (Houston, Rebuild LA, etc.), Mc Kinsey conclut que la réussite à Liège liée à 4 conditions: un projet ambitieux décliné en sous-objectifs, une bonne organisation assurée par une cellule de redéploiement, un plan «porté par une ou deux personnalités d'envergure qui s'engagent personnellement» et une planification rigoureuse.

Arcelor va créer 2700 postes

Mais Liège souffre d'un déficit de «grands formats» faisant l'unanimité autour d'eux comme c'est le cas de Pierre Mauroy à Lille ou du maire de Dortmund qui a piloté la reconversion. La prolifération des structures est un élément négatif. Du tableau - non exhaustif -, il ressort que les structures sont si nombreuses et imbriquées les unes dans les autres qu'on s'y perd. Pour Mc Kinsey, il faut environ 5 mois pour élaborer le plan qui doit être piloté par un comité de guidance (personnalité reconnue comme directeur, 3 membres d'Arcelor, 3 membres du secteur public).

Pour Arcelor, la logistique est un point fort de Liège grâce à l'aéroport de Liège, la future gare TGV ou le Port autonome de Liège. Le bassin peut aussi compter sur l'Université de Liège, des entreprises comme Techspace Aero et le groupe d'armement FN-Herstal qui sont des terreaux de technologie. «Le secteur des services (banques, assurances) est inexistant à Liège», dit un cadre d'Arcelor, précisant que le groupe ne sera pas le banquier de tous les projets.

L'estimation (300 millions d'euros) du ministre wallon Michel Foret (Environnement) des coûts de dépollution des sites sidérurgiques que le groupe désertera est jugée «prématurée et exagérée». L'engagement d'Arcelor à créer autant d'emplois que ceux qui disparaîtront porte sur environ 2700 postes (1700 emplois directs et 1000 indirects perdus suite à l'extinction des hauts fourneaux). Les leviers d'encouragement sont l'apport de capitaux (capital à risque, prêts sans garantie) la mise à disposition de terrains et de bâtiments, la simplification administrative (guichet unique) et la promotion de la région à l'étranger.

© La Libre Belgique 2003