Napster rentre dans le rang

Napster, le service qui a secoué toute l'industrie mondiale de la musique, est réapparu hier avec l'assentiment des majors du disque qui avaient poussé la première version à la fermeture en 2001 à coups de procès. Seule la marque demeure, rachetée par l'éditeur américain Roxio pour 5 millions de dollars.

Pour le reste, le service présenté hier à New York en version provisoire est un énième compétiteur sur le marché émergent de la musique légale en ligne, au côté de l'iTunes Music Store d'Apple ou de MusicMatch.

Napster avait révolutionné la musique sur l'Internet en proposant à tous ses utilisateurs - 60 millions à son pic de popularité - de mettre en commun les chansons de leur disque dur pour se les échanger ? Le nouveau Napster 2.0 a tout d'un magasin de disques en ligne : un peu plus de 500 000 titres puisés dans les catalogues des cinq majors et de plusieurs indépendants, à 0,99 dollar le titre. Napster facilitait l'échange de musique au format MP 3, très répandu et lisible sur tout type d'ordinateur? Napster 2.0 fournit des chansons verrouillées par Microsoft, impossibles à copier sur certains baladeurs numériques, comme l'iPod d'Apple. Et oblige à un équipement précis: un PC avec Windows (adeptes de Macintosh ou Linux exclus), et un logiciel de lecture de musique siglé Microsoft, à l'exclusion de tout autre. Un peu comme si les disques vendus par la Fnac étaient réservés aux possesseurs d'un autoradio Blaupunkt installé dans une Renault. Comme la plupart de ses concurrents, le Napster nouveau est de plus réservé au territoire américain.

Si Napster est rentré dans le rang, il n'en est pas de même de sa nombreuse descendance. Accessibles de partout dans le monde et gratuits, les Kazaa, Groskter, et autres iMesh continuent de compter pour «plus de 95 pc» des chansons téléchargées sur l'Internetet. En contrepartie, ils proposent que les artistes et producteurs reçoivent une compensation, financée par un prélèvement sur leur chiffre d'affaires ou une taxe sur les fournisseurs d'accès à l'Internet. (F.L.) Libération.

© La Libre Belgique 2003

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