L'ex-Fafer pour un euro symbolique

Enfant malade du groupe Arcelor avec une perte d'environ 15 millions d'euros déjà enregistrée, Industeel (ex-Fafer) a plus que des inquiétudes quant à son avenir. Les discussions du groupe sidérurgique avec son partenaire allemand Dillingen pour relancer l'entreprise durent en longueur, ce qui ne fait que renforcer l'anxiété des travailleurs. L'offre de l'ancien directeur général, Jean-Pierre Gérard, apparaît pour certains comme la piste salvatrice.

Ph.Law.

Enfant malade du groupe Arcelor avec une perte d'environ 15 millions d'euros déjà enregistrée, Industeel (ex-Fafer) a plus que des inquiétudes quant à son avenir. Les discussions du groupe sidérurgique avec son partenaire allemand Dillingen (aciers spéciaux) pour relancer l'entreprise durent en longueur, ce qui ne fait que renforcer l'anxiété des travailleurs.

L'offre de l'ancien directeur général, Jean-Pierre Gérard, apparaît pour certains comme la piste salvatrice. Mais d'autres sont méfiants. Et l'attitude de la Région wallonne, en particulier du cabinet du ministre Kubla (Economie), à l'égard du projet pourrait laisser croire qu'il se refuse à donner un quelconque crédit à l'offre d'achat de M.Gérard. En attendant, la proposition de l'ancien directeur général de l'ex-Fabrique de fer de Charleroi, dont nous avons pu lire les grandes lignes, est inédite.

Pas de licenciement

Il propose à Arcelor, propriétaire de l'entreprise, de lui racheter l'ex-Fafer pour un euro symbolique. Pour rappel, Usinor (aujourd'hui coulé dans Arcelor) avait déboursé quelque 10 milliards d'anciens francs belges (environ 248 millions d'euros) pour s'offrir l'usine qui appartenait au groupe Boël. Il demande aussi à Arcelor de lui octroyer quelques dizaines de millions d'euros sous forme de fonds de roulement. Mais pas de restructuration à l'horizon. «L'ex-Fafer peut très bien fonctionner sans coup de couteau saignant dans le personnel. J'ai fait une offre et tout dépend d'Arcelor, s'il veut vendre ou pas. Mais quand on est un groupe qui a déjà même envisagé la fermeture pure et simple de l'usine, je crois que mon offre leur sort une épine des pieds», estime M.Gérard. Même s'il apparaît en première ligne, il assure qu'il s'agit d'un projet de reprise dans lequel on retrouve à ses côtés deux sous-traitants de Charleroi, soucieux de la pérennité d'Industeel.

La question est de savoir aujourd'hui comment l'ancien directeur général de l'ex-Fafer et ses associés peuvent réussir là où Arcelor a manifestement échoué. «On a appliqué à l'entreprise une gestion inappropriée. L'ex-Fafer a des réseaux commerciaux et peut se développer en misant sur des marchés de niches», dit-il, précisant que sa sortie n'est nullement une agression vis-à-vis d'Arcelor. «L'offre de M.Gérard est sérieuse. A côté des aciers classiques dont la rapidité de livraison est la force des structures comme Industeel, sa spécialisation dans des aciers spéciaux est une piste pour assurer son développement», renchérit un sidérurgiste de Manage.

Les syndicats ne sont pas loquaces sur le projet de M.Gérard, car ils affirment ne pas en connaître la teneur. Du côté d'Arcelor, il est toujours à l'étude, mais le scénario de base demeure le développement d'Industeel au sein du groupe en partenariat avec Dillingen. Un scénario qui laisse les travailleurs perplexes...

© La Libre Belgique 2003