Tchibo pourrait «ancrer» Beiersdorf à Hambourg

(AFP)

Le holding allemand Tchibo s'est allié à un consortium d'investisseurs pour prendre le contrôle du groupe de cosmétiques allemand Beiersdorf (produits Nivea), dont le principal actionnaire, l'assureur Allianz, veut se désengager. Tchibo, qui détient déjà 30pc de Beiersdorf, va présenter une offre de rachat à Allianz aux côtés de la banque régionale HSH-NordBank et de l'homme d'affaires Joachim Herz, membre de la famille propriétaire de Tchibo qui agira en son nom personnel, selon une source citée par l'AFP.

Le groupe Beiersdorf lui-même pourrait également participer à ce consortium, par le biais du rachat jusqu'à 10pc de ses propres actions, a-t-elle poursuivi. Ce qui montre l'état d'avancement des discussions avec les responsables de la firme allemande. Un accord pourrait être trouvé avec Allianz «d'ici la fin de cette année», selon cette source.

Hambourg en soutien

La démarche de Tchibo est soutenue par la ville de Hambourg (nord de l'Allemagne), où se trouve le siège de Beiersdorf. La cité hanséatique a indiqué lundi «négocier avec des investisseurs et des entreprises», dont Tchibo, au sujet du propriétaire de la crème Nivea. Elle a toutefois démenti son intention de participer directement à la prise de contrôle du groupe, à hauteur d'un milliard d'euros, comme l'affirmait le Wall Street Journal.

Entreprise rentable

Beiersdorf emploie des milliers de salariés dans la ville, et représente 200 millions d'euros de revenus fiscaux annuels, a fait valoir un porte-parole de Hambourg. En conséquence, la ville «souhaite vivement que Beiersdorf reste une entreprise autonome, cotée en Bourse et basée à Hambourg, en cas de changement de sa structure d'actionnaires», «ce qui ne serait pas le cas s'il était vendu à un groupe étranger», a-t-il expliqué. Une allusion à peine voilée au groupe américain de produits de grande consommation Procter and Gamble (PG), également sur les rangs pour racheter les 43,6pc d'Allianz dans Beiersdorf. Inutile dès lors de souligner que les espoirs de prise de contrôle du géant américain se heurteraient à une «certaine» opposition sur place.

Selon le «Wall Street Journal», Tchibo serait prêt à payer le prix moyen du titre Beiersdorf sur les douze derniers mois, soit 107 euros, ce qui valorise la part de l'assureur à 3,95 milliards d'euros.

© La Libre Belgique 2003