Theo Dilissen: 1600 emplois sont en jeu!

La saga Real Software que l'on croyait gelée pour des années, le temps que l'entreprise parvienne à dégager plus de liquidités que ne le nécessite le poids de sa dette, a repris une étonnante ampleur ces jours-ci. Un syndicat d'actionnaire mécontents représentant plus de 50 pc du capital de l'entreprise de services informatiques a, en effet, déclaré la guerre au conseil d'administration qui tente actuellement de faire survivre l'entreprise.

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PATRICK VAN CAMPENHOUT

ENTRETIEN

La saga Real Software que l'on croyait gelée pour des années, le temps que l'entreprise parvienne à dégager plus de liquidités que ne le nécessite le poids de sa dette, a repris une étonnante ampleur ces jours-ci. Un syndicat d'actionnaire mécontents représentant plus de 50 pc du capital de l'entreprise de services informatiques a, en effet, déclaré la guerre au conseil d'administration qui tente actuellement de faire survivre l'entreprise. Cette association qui comprend notamment les fondateurs de l'entreprise, se fait forte d'un plan de redressement jouissant de l'appui des créanciers de l'entreprise et d'un hypothétique partenaire industriel. On sait pourtant que l'état d'endettement de l'entreprise -200 millions d'euros- en fait une mariée fort peu appétissante. Nous avons fait le point avec Theo Dilissen, le patron actuel de l'entreprise.

Que pensez-vous de la situation?

D'abord, je me dois de souligner que cette annonce effectuée par voie de presse interfère avec le terme d'une négociation de longue durée avec les banques créancières, qui vient de se solder par une proposition d'accord que je qualifierais d'extraordinaire. L'entreprise est alourdie par une dette de 200 millions d'euros. Les banquiers sont prêts à abandonner la moitié de cette dette, soit 100 millions d'euros, ou 4 milliards de nos anciens francs belges. Dans ce plan, nous conserverions 65 millions de dettes et le solde serait constitué d'obligations convertibles selon des modalités encore à définir. Nous ne paierions en outre pas d'intérêt durant les deux premières années. Comprenons-nous bien: c'est un peu comme si l'on poussait sur le bouton «Reset» d'un ordinateur. Real Software repartirait à zéro, avec un service de dette supportable.

L'entreprise serait profitable?

Oui, très rapidement.

Mais il y aurait évidemment le problème de la dilution des actionnaires existants suite à l'émission de convertibles?

Evidemment. C'est pour cela que nous devons les consulter pour prendre une décision à propos de l'accord sur la dette de Real Software. De toute manière, nous avons reçu vendredi dernier un courrier officiel de la part du syndicat d'actionnaires nous demandant de réunir une assemblée extraordinaire des actionnaires en vue de destituer le conseil d'administration en place. On va faire cela au plus vite. Je n'ai pas encore de date précise.

Si l'accord avec les banques n'est pas entériné, que risque-t-il de se passer?

On devrait alors voter sur la continuité de l'entreprise. Ce pourrait être la faillite de Real Software...

Et si les actionnaires mécontents devaient apporter un plan alternatif?

Nous devrions l'évaluer, et l'appliquer, s'il est meilleur pour l'avenir de la société. Sans oublier le point essentiel: 1600 emplois qui sont en jeu. Mais cela fait deux ans que j'arpente les rues pour trouver cet hypothétique partenaire industriel et je ne l'ai pas trouvé principalement en raison de la situation d'endettement de la société. Cela étant, nous avons demandé au syndicat d'actionnaires de fournir leur plan de relance. Et, à ce jour, nous n'avons rien reçu.

Mais il y a eu un effet sur la perception de l'entreprise?

Bien entendu, la confusion du moment a poussé certains clients à reporter leurs commandes, et à certains fournisseurs à cesser leurs livraisons. Il y a là des responsabilités qu'il faudra assumer!

Real Software a demandé une enquête sur d'éventuels abus de biens sociaux commis par Rudy Hageman, le fondateur?

Une plainte a été déposée le 26 septembre dernier contre lui. Il y avait tellement d'évidences. C'est très grave...

© La Libre Belgique 2003