Le Thalys wallon provisoirement sauvé

La guerre est encore loin d'être gagnée, mais les partisans du maintien de la ligne Thalys Liège-Paris via la dorsale wallonne (Namur, Mons et Charleroi) viennent de remporter une sacrée bataille: la fermeture de cette ligne déficitaire ne figure plus à l'ordre du jour du prochain conseil d'administration de Thalys qui se tiendra le 23 octobre prochain.

V.S.
Le Thalys wallon provisoirement sauvé
©Pirard

La guerre est encore loin d'être gagnée, mais les partisans du maintien de la ligne Thalys Liège-Paris via la dorsale wallonne (Namur, Mons et Charleroi) viennent de remporter une sacrée bataille: la fermeture de cette ligne déficitaire ne figure plus à l'ordre du jour du prochain conseil d'administration de Thalys qui se tiendra le 23 octobre prochain.

C'est ce qu'a confirmé hier à la Chambre le ministre des Entreprises publiques Johan Vande Lanotte en réponse à une question posée par le député MR Olivier Chastel. Le ministre a précisé que ce fameux conseil d'administration examinera la répartition du coût des lignes déficitaires. Si la ligne Liège-Paris est en effet déficitaire, elle n'est pas la seule. C'est aussi le cas de celle qui relie Bruxelles à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et au parc d'attraction Disneyland Paris. «Mais cela, les Français s'en soucient nettement moins dans la mesure où cette ligne permet de nourrir l'aéroport français et Air France en passagers belges», note Olivier Chastel. Et d'ajouter: «Avant de penser à faire des efforts au niveau publicitaire pour dynamiser cette ligne sur le plan commercial, il convient d'en changer l'horaire. Arriver à 9h44 à Paris n'a pas de sens pour la clientèle d'une ligne à grande vitesse! C'est trop tard pour une clientèle de chefs d'entreprise qui exigent d'être à Paris avant 9 heures. Cet horaire inapproprié condamnait d'office la rentabilité commerciale de cette ligne».

On s'en souvient, la perspective d'une fermeture de cette ligne avait provoqué une levée de boucliers du côté du gouvernement wallon. De son côté, la SNCB, actionnaire à hauteur de 30 pc de Thalys, avait très clairement laissé entendre qu'elle utiliserait, au besoin, son droit de veto pour anéantir toute velléité de fermeture. «Nous sommes satisfaits que les discussions entre actionnaires aient porté leurs fruits. Nous allons maintenant analyser ensemble et en profondeur le potentiel des différentes lignes Thalys et des dorsales wallonne et flamande. Il n'y aura donc pas de décision unilatérale de la SNCF. Comme toute activité commerciale, il est de notre responsabilité d'analyser la manière dont les choses évoluent et de décider si nous comptons investir ou non dans certaines activités. Mais le Thalys wallon reste bel et bien: sa survie est assurée au minimum jusqu'à la fin 2004», soulignait-on hier du côté de la SNCB. Une année pour faire de cette ligne aujourd'hui lourdement déficitaire une ligne attractive aux yeux de Thalys. Le pari est audacieux.

© La Libre Belgique 2003