Un pilote australien pour Zaventem

Le verdict est tombé lundi: le nouveau propriétaire de Biac, le gestionnaire de l'aéroport de Bruxelles-National, sera bien le groupe australien Macquarie Airports, division du groupe financier du même nom.

V.S.
Un pilote australien pour Zaventem
©bauweraerts

Le verdict est tombé lundi: le nouveau propriétaire de Biac, le gestionnaire de l'aéroport de Bruxelles-National, sera bien le groupe australien Macquarie Airports, division du groupe financier du même nom. Comme nous le laissions entendre dans notre édition du 3 novembre dernier, le sprint final entre Macquarie et le groupe espagnol Ferrovial a donc tourné à l'avantage du premier nommé. Les deux finalistes ayant des intérêts communs dans un certain nombre d'aéroports (Sidney ou Bristol), certains observateurs n'avaient pas manqué de se demander si l'on pouvait encore réellement parler d'offres concurrentes en raison des liens étroits entre les deux entreprises.

«Pas à la va-vite»

Hier, lors d'une conférence de presse pour le moins expédiée, Johan Vande Lanotte, le ministre en charge du dossier, a donc intronisé Macquarie comme futur maître des lieux sur le tarmac de Zaventem. Concrètement, Macquarie détiendra bientôt via un holding 70pc des parts de Biac, via le rachat de 33,56pc des 63,56pc des actions détenues par l'Etat belge et des 36pc détenus par les actionnaires privés (P&V Assurances, GBL, Ackermans & van Haaren, Dexia Banque...). Si tous les actionnaires privés ont décidé de sortir du capital de Biac, c'est que le prix proposé est plutôt alléchant: 735 millions d'euros, davantage que ce que prévoyaient les spécialistes. Un prix qui porte la valorisation de Biac à 1,635 milliard d'euros (en prenant en compte la dette). Certains actionnaires privés réaliseront donc une belle plus-value, à l'image du holding anversois AvH (40 millions d'euros). La transaction -après les habituelles autorisations réglementaires- devrait être bouclée vers la fin de cette année. Les recettes de l'Etat, elles, s'élèveront à 352 millions d'euros et seront affectées prioritairement à la réduction de la dette publique. L'Etat gardera donc une participation de 30pc dans Biac: «Nous pensons qu'il est intéressant de maintenir une présence stratégique dans Biac. A l'issue de l'opération, la situation des deux actionnaires sera stable», a précisé Johan Vande Lanotte.

Le ministre du Budget et des entreprises publiques a balayé d'un revers de la main les critiques de ceux qui estiment que le processus de privatisation a manqué de transparence. «Ce dossier a été géré rapidement, ce qui ne veut pas dire qu'il a été géré à la va-vite. (...) La lenteur ne doit pas être la règle d'application en toutes circonstances pour l'Etat belge. La valeur intrinsèque de l'aéroport a motivé l'accélération des négociations. Lorsque les négociations s'éternisent, ce n'est jamais une bonne chose», a expliqué le ministre Vande Lanotte. Et d'ajouter: «En fonction des critères qui avaient été mis en avant par les actionnaires, à savoir le prix proposé pour le rachat des parts, la stratégie à long terme et les capacités de gestion, c'est Macquarie qui est apparu aux yeux des actionnaires comme le partenaire le plus fiable.»

Désormais adossé à Macquarie, Biac pourra demain s'appuyer sur l'expertise de ce groupe qui est le deuxième plus grand propriétaire et gestionnaire d'aéroports au monde: Rome, Sydney, Bristol, Birmingham,... soit plus de 85 millions de passagers par an. «Bruxelles- National regorge d'un grand potentiel d'avenir. Après le creux de 2001, le trafic aérien est en train remonter. Cette augmentation de trafic est de bon augure pour Zaventem qui regorge de capacités de croissance multiples», a dit John Stent, responsable de Macquarie pour les aéroports européens. Mais pour les projets précis du nouveau propriétaire australien, il faudra attendre...

© La Libre Belgique 2004