Le 1313 vient concurrencer le 1307

La société EDA lance un nouveau système de renseignements téléphoniques sur le marché.Elle emploie une trentaine de personnes à Liège, Bruxelles et Anvers. C'est la première fois quele 1307 est concurrencé.

Le 1313 vient concurrencer le 1307
©LLB
Mathieu Van Overstraeten

Belgacom avait déjà des concurrents dans la téléphonie fixe, dans la téléphonie mobile et dans l'Internet. Désormais, il en a aussi dans les renseignements téléphoniques. Ce mercredi, la société EDA (European Directory Assistance) a lancé le numéro 1313, dont l'objectif avoué est de concurrencer directement le 1307 de Belgacom.

«Nous pensons qu'il y a clairement place pour au moins deux acteurs sur le marché des renseignements», affirme Alex Gaschard, un ancien d'Infobel - un site web concurrent des Pages d'Or -, qui s'est associé en 2003 avec Laurent Baeke pour fonder la société EDA.

Payer à la seconde

Il précise aussi qu'en 2003, le nombre d'appels vers les renseignements téléphoniques s'est élevé à 42,6 millions, un chiffre en légère croissance par rapport aux 40 millions d'appels de l'année précédente. «Nous croyons que ce chiffre va continuer à augmenter au même rythme dans les années à venir», dit-il. «Malgré le succès de l'Internet, sur lequel on peut également trouver assez facilement des renseignements, on voit qu'il n'y a pas d'impact sur le nombre d'appels vers les services de renseignements. Avec le GSM, il reste en effet énormément de situations dans la vie de tous les jours où l'on a besoin d'une information tout de suite mais sans avoir accès à l'Internet».

Chose étonnante, le tarif du 1313 est a priori moins intéressant que celui du 1307. Il s'élève à 1,25 € la minute (auquel il faut ajouter un coût de connexion d'un peu plus de 5 cents par appel), alors que le service de Belgacom revient à 1,12 € par appel, quelle que soit sa durée. Mais il faut tenir compte du fait que le 1313 est facturé à la seconde. Si l'appel ne dure donc que quelques dizaines de secondes, il sera moins cher chez EDA que chez Belgacom.

Alex Gaschard rajoute que les services proposés par le 1313 sont plus variés et plus nombreux. Là où le 1307 ne permet d'obtenir qu'un seul numéro par appel, le 1313 autorise un nombre illimité de recherches par appel, en y ajoutant systématiquement l'adresse complète du correspondant retrouvé.

Synthèse à la belge

Autre nouveauté: le 1313 propose également un annuaire inversé, à savoir la possibilité de trouver un nom et une adresse sur la base d'un simple numéro. Un service particulièrement populaire en France.

Pas question par contre de lancer des renseignements automatisés, comme Belgacom l'a fait récemment avec son service 1234. «Nous travaillons avec une trentaine d'opérateurs humains, basés à Liège, Bruxelles et Anvers», précise le cofondateur d'EDA. Ce qui n'empêche pas que les numéros et les adresses sont tout de même prononcés par un système de synthèse vocale, plus particulièrement grâce à une technologie développée par la société montoise Acapela.

«Cela a demandé un grand travail car jusqu'à présent, les programmes de synthèse vocale étaient toujours adaptés au marché français, ce qui posait un problème au niveau de la prononciation de certains noms de rue flamands par exemple», explique Alex Gaschard. «Or, une bonne prononciation est typiquement le genre de détails qui peut faire la différence».

Quels sont les objectifs d'EDA? «C'est difficile à dire, dans la mesure où les services similaires qui ont été lancés ces dernières années dans d'autres pays européens ont connu des fortunes diverses», poursuit-il. «En Suède par exemple, le challenger de l'opérateur historique n'a pris que 5pc de part de marché alors qu'au Royaume-Uni, le challenger est devenu numéro un en seulement six mois».

A noter que le service 1307 de Belgacom emploie 500 opérateurs répartis dans huit call centers. Il est disponible en quatre langues et traite environ 145000 appels par jour ouvrable.

Quant au service 1234, lancé gratuitement début octobre, il reçoit pour l'instant une moyenne de 4000 appels par jour après avoir connu des pics à 12000 appels quotidiens.

© La Libre Belgique 2004


Fini les mauvaises surprises sur les factures téléphoniques? Depuis ce mercredi, Belgacom a étendu la restriction gratuite des appels sortants - qui existait déjà pour les numéros 077 et 0903 - à une cinquantaine de numéros à destination «exotique» (Sao Tome ou Tuvalu par exemple). Par cette mesure, Belgacom entend protéger ses clients qui ont effectué, à leur insu, des communications extrêmement coûteuses parce qu'un programme pirate a interrompu leur connexion Internet pour en établir une autre via un nouveau numéro. Du côté de Test-Achats, on précise que ce problème est effectivement bien réel et que les nouvelles restrictions proposées par Belgacom ne font en réalité que répondre à la nouvelle loi «télécom».