Le 1313 déjà en dispute avec Belgacom

Il y a de la bisbrouille entre les promoteurs du tout nouveau service de renseignements téléphoniques et Belgacom. La société EDA (European Directory Assistance), qui a lancé le 1313 ce mercredi pour concurrencer le célèbre 1307, reproche à Belgacom d'avoir eu une attitude «incorrecte» dans ce dossier.

Le 1313 déjà en dispute avec Belgacom
©Johanna de Tessieres
Mathieu Van Overstraeten

Il y a de la bisbrouille entre les promoteurs du tout nouveau service de renseignements téléphoniques et Belgacom. La société EDA (European Directory Assistance), qui a lancé le 1313 ce mercredi pour concurrencer le célèbre 1307, reproche à Belgacom d'avoir eu une attitude «incorrecte» dans ce dossier.

La principale raison de la colère d'EDA est le tarif que Belgacom fait payer à ses clients pour les appels vers le 1313. Celui-ci s'élève à 1,25 € la minute (avec facturation à la seconde), alors qu'un appel vers le 1307 coûte 1,12 € (et ce quelle que soit sa durée).

«Pas dans notre poche»

Le problème est que Belgacom n'a rendu public ce tarif de 1,25 € la minute que mercredi, c'est-à-dire le jour même du lancement du 1313. Or, cela fait des mois qu'EDA a mis en place son plan de développement en se basant sur un tarif de 1,12 € la minute, un prix similaire à celui des numéros 0903 par exemple. Son cofondateur Alex Gaschard tombe donc des nues.

«Nous avons l'impression que Belgacom cherche à nous mettre des bâtons dans les roues en ne communiquant son tarif qu'à la dernière minute», dit-il. «D'autant plus qu'à aucun moment de la négociation de notre partenaire Mobistar avec Belgacom, il n'a été question de ce nouveau tarif. Nous ne savons donc pas où passe cette différence de 13 cents avec le tarif convenu initialement. Ce qui est sûr par contre, c'est qu'elle ne va ni dans notre poche ni dans celle de Mobistar, dont nous utilisons l'infrastructure technique pour collecter dans nos call centers les appels provenant des différents réseaux».

La société EDA considère le prix d'1,25 € la minute comme «discriminatoire». Elle a dès lors décidé de protester formellement auprès du régulateur du secteur. Dans les semaines qui viennent, l'IBPT (Institut belge des services postaux et des télécommunications) aura pour tâche de vérifier que le tarif pratiqué vers le 1313 par Belgacom correspond bel et bien aux obligations légales de ce dernier en tant qu'opérateur dominant sur le marché.

Procédure habituelle

Du côté de Belgacom, on estime manifestement qu'il s'agit d'une tempête dans un verre d'eau. «Nous sommes très à l'aise par rapport à la demande de justification de notre tarif par l'IBPT», dit Thierry Bouckaert, le porte-parole de l'opérateur. «En ce qui nous concerne, nous estimons avoir suivi la procédure habituelle d'ouverture d'un nouveau numéro vers une société concurrente».

Pour Belgacom, la comparaison que fait EDA avec les tarifs des numéros 0903 ne tient en tout cas pas la route dans la mesure où le 1313 est un numéro court qui demande selon eux des adaptations techniques différentes. «Nous sommes sans doute l'opérateur belge dont les tarifs sont les plus régulés», dit encore Thierry Bouckaert. «La marge que nous prenons sur les appels vers le 1313 est donc tout à fait dans la norme par rapport à nos autres tarifs».

Il reste tout de même que Belgacom aurait pu communiquer son tarif un peu plus tôt à EDA. Mais sur ce point aussi, l'opérateur historique a une réponse. «Il n'y avait aucune obligation légale pour nous de communiquer ce tarif avant mercredi», affirme le porte-parole.

© La Libre Belgique 2004