Véhicules plus fiables mais... plus capricieux

V.S.

La semaine dernière, Mercedes a annoncé le rappel de 1,3 million de véhicules (classes E, SL et CLS) dans le monde après avoir constaté différents problèmes techniques de dynamo, de circuit électrique et de freins: il s'agit de la plus grosse opération de ce type dans l'histoire de la marque à l'étoile. En Belgique, 20 à 25000 voitures sont concernées.

Les opérations de rappel de véhicules sont loin d'être exceptionnelles. Elles semblent même plutôt en augmentation et d'ampleur croissante. Car aujourd'hui, et même si le coût économique de telles opérations est loin d'être négligeable, les constructeurs préfèrent jouer la carte de la transparence et appliquer «le principe de précaution» à chaque fois qu'un doute existe sur la fiabilité ou la sécurité d'un modèle. Question de crédibilité et d'image. De responsabilité sur le plan civil également. Au début de cette décennie, il avait été démontré que Mitsubishi avait dissimulé durant plusieurs années des défauts de sécurité sur ses véhicules: le constructeur japonais a eu bien du mal à se remettre de ce retentissant scandale.

Car si les voitures ont globalement gagné en qualité et en fiabilité - en 1991, l'âge moyen d'un véhicule en Belgique était de 6 ans et 21 jours; il était de 7 ans, 9 mois et un jour en 2004 - elles sont devenues plus capricieuses en raison de l'importance prise par l'électronique: airbags, vitres électriques, ABS, ESP (Electronic Stability Program), régulateur de vitesse... «Lorsque des marques lancent des campagnes de rappel de véhicules, cela concerne de plus de plus souvent les systèmes électroniques et de moins en moins la mécanique. C'est une tendance que nous observons», confirme Marc Green, à l'ACEA, l'association des constructeurs automobiles européens. «L'électronique est peut-être le point faible des véhicules d'aujourd'hui mais la présence de l'électronique est néanmoins indispensable tant sur le plan environnemental que sur le plan de la sécurité routière. Mais certaines marques ont peut-être été trop loin en offrant d'innombrables possibilités de réglages électroniques et de confort», précise Joost Kaesemans de la Febiac, la Fédération belge de l'Automobile et du Cycle. La pression du marché est, il est vrai, intense pour sortir avant la concurrence de nouveaux modèles toujours plus innovants, notamment dans le segment des berlines de luxe. Une bataille technologique qui se joue sur le terrain de l'électronique. Parfois sans prendre le temps de pousser jusqu'au bout les tests nécessaires...

© La Libre Belgique 2005